Première publication le 11 février 2009
Quelles sont les sources d'information médicale francophones jugées fiables par les médecins généralistes ? Nos recherches n'ont pas permis de retrouver de publication récente sur ce sujet en dehors d'un rapport de l'IGAS publié en 2007. Celui-ci réalise un état des lieux très documenté sur l'information pharmacologique à destination du généraliste et cite de nombreuses sources dont certaines ne sont pas publiques. Nous avons pu, après la publication initiale de ce Knol, obtenir de la Haute Autorité de Santé (HAS) le rapport complet de l'enquête IPSOS qui constitue une pièce maîtresse du rapport de l'IGAS. Les données de cette enquête sont reprise dans la discussion de nos résultats.
Les auteurs de cet article gèrent des espaces de discussions destinés aux médecins, et notamment aux médecins généralistes. Ils s'agit de listes de discussions, c'est à dire de groupes où les échanges se font par courriel.
Ils ont demandé à leurs abonnés d'évaluer leur ressenti sur la fiabilité de différents supports d'informations professionnelles francophones.
Description
Les médecins qui fréquentent les espaces de discussion sur internet sont peu nombreux. Personne n'a jamais quantifié exactement leur nombre en France, mais dans notre expérience il s'agit d'une minorité. Sur les 50000 médecins généralistes français, seuls quelques centaines sont abonnés une liste de discussion concernant leur métier. Il est frappant de constater que l'on retrouve toujours les mêmes médecins sur les espaces dédiés à l'exercice lui-même, à l'action syndicale ou encore à l'informatique professionnelle.
Cette constatation ne présume en rien de l'usage plus général d'internet par les médecins. Nous parlons ici de listes d'échanges entre pairs.
Les résultats de notre enquête ne prétendent donc pas être généralisables à l'ensemble de la profession. Ils décrivent la fiabilité ressentie de l'information professionnelle par les médecins généralistes abonnés aux listes de discussions mglist et mgclinique dont les caractéristiques sont détaillées plus loin.
La question posée était la même sur les deux listes :
Parmi ces sources d'information, lesquelles vous paraissent-elles les plus fiables ? (plusieurs choix étaient possibles).
Les options proposées étaient les suivantes :
1) Expert pendant une FMC financée par un laboratoire pharmaceutique.
2) Expert intervenant pendant un congrès.
3) Recommandation de la Haute Autorité de Santé
4) Expert s'exprimant dans la presse médicale tabloïd.
5) Expert s'exprimant dans une revue avec publicités.
6) Article dans la Revue Prescrire
7) Opinion majoritaire émise sur la liste de discussion
8) Opinion pondérée sur la liste de discussion
9) Autre
Précisions
- FMC : Formation Médicale Continue, séance de mise à niveau des connaissances pour médecins en exercice. La FMC est en France essentiellement financée par l'industrie pharmaceutique et par l'assurance maladie. Notre question portait exclusivement sur la FMC financée par l'industrie pharmaceutique, assez homogène dans la qualité de son contenu. Après la publication du premier jet de ce Knol, il nous a été reproché de ne pas avoir inclus comme item la FMC financée par l'assurance maladie ou par les médecins eux-mêmes.
- Presse médicale tabloïd : journaux d'informations générales, denses en publicités pharmaceutiques et le plus souvent imprimés en grand format. Les exemples donnés aux sondés étaient : Le Quotidien du Médecin, Impact Médecin et Le Généraliste.
- Revue avec publicité : revue de formation professionnelle comportant des pages publicitaires. Les exemples cités étaient : La Revue du Praticien et Le Concours Médical.
- Revue Prescrire : revue médicale dépourvue de publicité, financée par ses seuls abonnés.
- Opinion pondérée sur la liste : il était précisé "Pondérée par votre opinion sur les auteurs de l'information".
L'idée de ce sondage est née lors d'une discussion et d'un premier sondage évoquant ce problème de fiabilité sur une autre liste (de gynécologues). Parmi les items proposés et choisis majoritairement figurait "Opinion majoritaire sur la liste", mais la dizaine de médecins qui avaient répondu ont spontanément émis la notion de pondération : il ne s'agissait pas d'un majorité simple, mais d'une prise en compte globale du nombre d'avis et du "poids" de chaque intervenant, en fonction de son "image" personnelle.
La source d'information Internet a été exclue. Du fait de la nature de l'échantillon, le vote aurait été ininterprétable car très biaisé.
Résultats
La participation à l'enquête a été respectivement de :- 57 votants sur 190 inscrits pour la liste mglist (30% de participation)
- 52 votants sur 125 incrits pour la liste mgclinique (41% de participation)
Les résultats sont assez concordants bien que ces enquêtes aient été réalisées indépendamment à un mois d'intervalle. Ils sont exprimés en pourcentage par rapport au total des répondants. Rappelons que chaque sondé pouvait choisir autant d'items qu'il le souhaitait.
La liste Mglist est une pionnière du genre et totalise 190 inscrits depuis sa création en 2000. Elle ne représente aucune chapelle particulière. Elle est francophone et internationale avec une présence significative de médecins généralistes exerçant en Afrique du nord francophone. Les sujets abordés sont variés et peuvent déborder le domaine médical, générant un flux de messages important : entre 500 et 1000 contributions par mois.
La liste Mgclinique est plus récente. Créée en 2006, son objet est centré sur les pathologies et leur prise en charge. Ses 125 inscrits postent entre 100 et 300 contributions par mois. Elle est essentiellement française et s'est constituée par essaimage d'autres listes puis par adhésions spontanées. Il est également impossible de lui attribuer une orientation syndicale ou un courant de pensée particulier.
Ces deux listes ont quelques abonnés communs mais sont clairement distinctes par leur ton, l'aire géographique de leurs membres et le sujet de leurs échanges.
Discussion
Notre enquête
Ces résultats permettent d'obtenir un estimation sommaire, mais concordante, de la fiabilité ressentie des principaux supports d'information médicale professionnelle par les médecins abonnées à des listes de discussions, hors internet.La seule divergence notable concerne la crédibilité des experts s'exprimant en congrès. Une explication possible pourrait être la plus grande rigueur des congrès internationaux, peut-être plus fréquentés par les membres de mglist.
- La presse tabloïd paye sans doute ses liens étroits et souvent peu transparents avec l'industrie pharmaceutique. Aucun des membres de mgclinique ne l'a retenue comme source d'information médicale fiable. La presse professionnelle traditionnelle n'est guère mieux lotie, alors que la Revue Prescrire, financée par ses seuls abonnements, obtient un score remarquable mais finalement peu surprenant.
- Le score de la HAS est modeste : à peine plus de la moitié des abonnés considèrent que ses publications constituent une information fiable. Ce score surprenant est peut-être à rapprocher des conflits d'intérêts de certains de ses membres et experts, conflits de plus en plus médiatisés.
- La confiance accordée aux pairs est élevée, avec cette réserve de la pondération qui revêt manifestement une grande importance. Il s'agit là d'une reconnaissance de l'intelligence collective du groupe, phénomène nouveau par son ampleur et véritable pilier de ce que nous appelons la médecine 2.0. Il ne s'agit clairement pas de l'avis du plus grand nombre, mais d'une agrégation dynamique de l'expertise du groupe.
- Les experts dominant la pyramide du savoir sont détrônés par des réseaux "pairs à pairs".
- La rubrique "Autre" a essentiellement été documentée par des commentaires cités dans les annexes. Les médecins interrogés ont voulu signifier que des sources d'informations fiables n'avaient pas été proposées au choix.
Le sondage IPSOS IGAS-HAS de 2007
Ce sondage comportait deux importants volets qualitatifs et quantitatifs centrés sur l'information sur le médicament. Or il s'agit justement du domaine où la fiabilité ressentie peut être faussée par des influences commerciales visibles ou suspectées.C'est à notre connaissance le travail de qualité le plus récent sur le sujet. Il s'intéresse aux seuls généralistes et dresse un panorama assez large des principales sources d'information. Nous remercions la HAS d'avoir accepté de nous le communiquer.
Comme c'est souvent le cas dans ce genre d'étude, les volets qualitatifs et quantitatifs se sont succédés à quelques jours d'intervalle et ont donc probablement été conçus en même temps. Cela permet de confirmer un donnée fondamentale de notre enquête : la place des pairs en tant que vecteurs d'information. En effet, ceux-ci sont absents des choix proposés dans l'étude quantitative mais ressortent spontanément dans l'étude qualitative :
Ce Bouche à oreille, facilité par les échanges électroniques et par les rencontres physiques lors des séances de FMC, est placé dans la partie haute de l'échelle de confiance.
Dans cet échantillon représentatif des médecins généralistes français, nous trouvons également un indice de confiance important pour les institutions (HAS et AFSSAPS) et pour la revue Prescrire. La présence de la presse médicale est très étalée sur l'échelle de confiance, traduction de son hétérogénéité.
La place de la FMC, ici élevée en terme de confiance contrairement à notre enquête, peut s'expliquer par l'absence de différenciation dans l'enquête IPSOS, entre la FMC industrielle et la FMC conventionnelle ou confraternelle.
Dans l'enquête qualitative, la totalité des 46 médecins connaissaient la revue Prescrire et une part importante des discussions lui a été consacrée. On retrouve le mélange habituel de confiance liée à son indépendance et d'irritation face à ses prises de position très tranchées.
Le volet quantitatif de l'enquête IPSOS est plus difficile à interpréter et à comparer à nos résultats :
En effet, les 600 médecins généralistes interrogés ont surtout été amenés à se prononcer sur l'importance des sources d'informations. Ce mot nous paraît mal choisi car il est ambigu. Une source peut être importante et peu crédible comme les sondés le confirment pour la visite médicale.
La seule question concernant la fiabilité est celle qui interroge les sondés dans la confiance portée à divers canaux (dont le bouche à oreille est exclu puisque sans doute sous-estimé par les initiateurs de l'étude). Malheureusement, une seule réponse était possible, ce qui amplifie sans doute les différences. Il est tout de même frappant de voir que les scores cumulés de la HAS et de l'AFSSAPS ne représentent que 61% des choix exprimés. Ce chiffre est peu différent du nôtre. L'autre aspect intéressant est la dernière place des deux structures ayant le plus de conflits d'intérêts avec l'information sur le médicament : l'industrie pharmaceutique et l'assurance maladie.
Notez que dans cette étude quantitative, la FMC est proposée en tant qu'institution émettrice d'information, et non en tant que module (soirée, week-end) de formation.
En résumé : cette vaste étude, dans sa phase qualitative, confirme l'importance des pairs et du bouche à oreille.
Ces résultats mériteraient d'être affinés par des études complémentaires au sein d'autres échantillons de praticiens, prenant plus spécifiquement en compte l'approche pairjective (pair-à-pair).
Annexe et verbatim
Nos enquêtes ont été conduites de deux façons différentes :- Sur mglist, elles ont utilisé un outil générant un email d'invitation personnelle au vote, ayant suscité en réponse des commentaires annexés ci-dessous (explications sur le choix "Autres" essentiellement).
- Sur mgclinique, il s'agissait d'un outil en ligne plus fruste, vérifiant qu'une adresse ip donnée ne pouvait voter qu'une fois. Ce système a généré peu de commentaires.
Verbatim mglist
Plusieurs sources citant des références d'études de grade A ou B et s'accordant entre elles
Expert dans une FMC ou séminaire financée par les organismes indépendants de médecins ( ex MGForm etc... ) Expert dans les EPU locales
recherche personnelle tout azimut.
Même si l'HAS donne parfois des recos discutables, cele reste quand même une référence. Par ailleurs les avis pondérés sur Mglist restent une source non négligeable d'infos pré"triées"
LECTURE directe à la source des articles du BMJ et NEJM
Et bien sur Articles d'Esculape toujours "sourcés"
fmc action ou autre fmc independante
une formation assurée par les généralistes eux même serait souhaitable(genre groupe de pairs)
je pense que les propositions du sondage (revue avec pub..;etc) sont trop "téléphonées" pour être significatif. J'ai mis 3 réponses, j'aurais pu aller jusqu'à 5. (comment savoir si un expert intervenant pendant un congrès est objectif par rapport à "la pub"?)
le seul regret que j'ai : certains confrères expriment des commentaires et ont des opinions qui n'ont rien à voir avec la la médecine , qu'il faut subir
article dans revue internationale avec haut impact factor à condition que l'article ne soit pas "subventionné" par un labo
Chacun puise ses informations là où il veut, mais, le fait de les confronter sur Mglist (ou autres listes de discussions:))est très enrichissant puisque cela permet de se remettre en question.
échanges entre confrères dans le cadre de groupes de pairs ou groupes interaction. Recherche sur internet dans sites validés, universitaires, medline...
toute source d'information doit être regardée attentivement; toutefois, il y a des connaissances fondamentales indiscutables / rappelons que la médecine est un art ...
Dans le domaine médical, pour juger de la fiabilité d'une source d'information il n'existe que des réflexes, des compétences, une culture spécifique dans le questionnement de la source : la connaître et la vérifier, savoir la recouper, vérifier les hypothèses énoncées. Ainsi tous les choix proposés ci-dessus ont leur talon d'Achille notamment par le fait que l'information est «imposée» (des experts en toutes situations à un article de la Revue Prescrire en passant par les recommandations de la HAS) alors que la même information peut souvent être débattue, avec plus ou moins d'argumentation, sur la liste MgList. Si je n'ai pas coché directement les 2 propositions MgList c'est parce que justement il n'y a pas assez de questionnement sur l'information médicale qui nous est proposée. Ainsi j'ai fait un post qui n'a suscité aucune réaction des colistiers sur l'écart d'appréciation entre une publication laudative de Paris-Match d'une nouvelle molécule anti-parkinsonienne avec une AMM à venir pour début 2009 et des réalités moins enthousiastes publiées dans des revues indexées. Certes le malade avec un parkinson ne fait pas l'essentiel d'une patientèle de MG.
les biais attenants au parti pris des labo et des financements des études doivent amener à un pondéré des colléges médicaux indépendants. les recommandations HAS ont une connotation économique et politique manifeste; donc une objectivité relative (bien que fondée sur la situation économique "réelle")
A quoi sert ce sondage? Merci
1. Lectures diverses et multiples d'articles médicaux et hors champ médical, d'archives et recoupement des infos. 2. Lecture attentive des infos juridiques sur les plaintes et les jugements concernant soignants et leur pratique.
les sources d'information les plus courantes sont le plus souvent biaisées (labos...) les sources hospitalieres ne valent pas plus cher le plus souvent . la discussion entre pairs est surement passionnante , mais encore faut-il se plier uax groupes de pairs .
Hors de PRESCRIRE, point de salut !
Verbatim mgclinique (un seul commentaire)
Autre source le Martindale enfin en ce qui concerne les médicaments.
Dommage que cette source (très souvent citée dans Prescrire d'ailleurs) qui est certainement la meilleure sur le médicament soit tronquée dans les articles de Prescrire.
AMHA, il est absurde de penser qu'il n'existe qu'une source fiable, même si je pense que le Martindale est la source la plus fiable et de loin.
Parfois, j'ai appris des détails sur l'usage des médicaments par des experts "expérimentateurs" en particulier, informations parfois fort utiles qui ne seront jamais publiées (pour des raison que j'ignore).
Conflit d'intérêts des auteurs
Dominique Dupagne, médecin généraliste libéral
Gestionnaire de mgclinique et du site http://www.atoute.org
Consultant aux éditions du Vidal
Cyril Quémeras, médecin généraliste libéral
Gestionnaire de mglist et du site http://www.medicalistes.org
Hugues Raybaud, médecin généraliste libéral
Fondateur-administrateur de mglist et du site http://www.esculape.com
Tous les trois sont membres de l'association des Médecins Maîtres-Toile.










Anonyme
Inviter en tant qu'auteur
Sondage Ipsos
et que j'ai été interrogé récemment par ce même institut de façon assez détaillée sur le sujet des sources d'information des médecins; je pense que les résultats seront intéressants; je vais leur téléphoner pour avoir une idée de la publication.
Les défauts du sondage du Knol sont très bien identifiés par les auteurs: l'effectif est faible, il y a un biais de sélection etc... Pour autant, doit-on négliger les réponses obtenues et, notamment, celle qui dérange: la confiance en la réflexion collective, le partage d'informations, bref le web 2.0 qui ressort comme un outil du savoir et de fiabilité?
La réponse n'est pas (encore) évidente.
Le mérite de ce bref article est de montrer avec "évidence" les signes de la révolution qui s'installe, sans bruit, avec le web 2.0. Les laboratoires que représentent les groupes d'amélioration des pratiques entre pairs sont d'ores et déjà dans l'action: échange d'informations, partage d'expériences, rupture de l'isolement pour l'amélioration des pratiques et, en fin de compte, ce qui est le plus révolutionnaire, la fin des experts titrés, désignés, puisque chacun peut devenir expert dans la mesure où il connaît le sujet de façon pragmatique.
Merci pour cette référence. Je trouve néanmoins qu'elle est assez divergente de notre enquête.
Les médecins sont interrogés sur l'utilité et non la fiabilité des sources. Or certaines sources sont utiles pour "voir ce qui se dit" sans être considérées comme fiables pour autant.
Et surtout, les sources sont mélangées : toute la presse est dans le même item (Prescrire et Gratanonces mélangés), congrès et "reunions". Or il y a une nuance entre un groupe de pairs et et un congrès "touristique".
Néanmoins, ce sondage sera cité et discuté dans la version définitive de l'article.
Un grand merci pour cet éclairage.
Pour ce qui est du reste de ton commentaire, je constate que nous sommes totalement en phase.
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J'avais omis l'excellent rapport de l'IGAS http://lesrapports.l
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Anonyme
Inviter en tant qu'auteur
Marginalité
Logiquement, le Web 2.0 devrait donner à cette marginalité l'audience qu'elle n'a pas actuellement.
En tendant l'oreille, on entend le bruit d'une page qui se tourne.
Jean-Claude GRANGE
Inviter en tant qu'auteur
Trucage des sondages
Rien n'est validé, ni la quantité, ni la qualité de l'échantillon, ni sa représentativité sur l'ensemble des MG.
Il n'est d'ailleurs que se connecter sur les deux forums (pour les médecins, c'est possible) pour comprendre qu'il s'agit d'une pure enquête déclarative puisque les propos tenus sont souvent très contradictoires avec les "recommandations" precsrire.
Si le web 2.0. c'est la reproduction des trucages des sondages d'opinion, c'est à désespérer de la démocratie...
jc grange
Médecin généraliste
mantes-la-Jolie
On pourrait suggérer de nommer au Collège de cette haute institution un représentant de la Revue Prescrire, es qualité... Et pour faire bon poids, aussi un spécialiste des media 2.0 ;-)
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Vous soulevez des questions intéressantes. Il est dommage que l'agressivité de votre ton et la brièveté de votre argumentation entraînent d'emblée ce débat sur un terrain plus passionnel que scientifique.
Le premier problème que vous évoquez est la représentativité de l'échantillon. Lorsque l'on veut connaître l'opinion d'une population, il est intéressant de sélectionner un échantillon représentatif, et de vérifier le représentativité de celui-ci.
Or dans le cas de cette enquête, ce n'est pas un échantillon, mais la population elle-même qui est interrogée, du fait de son faible effectif et de la possibilité de le contacter facilement. Il s'agit bien de la population des médecins généralistes abonnés à une liste de discussion orientée métier.
Le taux de participation de cette population à l'enquête est particulièrement élevé : 35% et nous n'avons pas d'éléments pour penser, ce vote étant secret, que la non-réponse pourrait être liée à un avis différent. De nombreux abonnés ne lisent les messages qu'occasionnellement
En dehors du titre, qui ne peut contenir à lui seul toute la complexité d'un article, nous avons bien précisé les limites de notre travail qui est bien, comme vous le soulignez, une enquête déclarative.
"Les résultats de notre enquête ne prétendent donc pas être généralisables à l'ensemble de la profession. Ils décrivent la fiabilité ressentie de l'information professionnelle par les médecins généralistes abonnés aux listes de discussions mglist et mgclinique"
Comment être plus clair ?
Vous nous reprochez par ailleurs, l'absence de données quantitatives et qualitatives sur les votants. Je vous invite à relire l'article car ces mentions semblent vous avoir échappé.
Le deuxième grief que vous nous faites est celui d'un biais, majeur selon vous, qui serait lié à un opinion préexistante du groupe faussant gravement les résultats de l'enquête. C'est un mauvais procès.
Tout d'abord, nous avons signalé avoir exclu des questions les sources d'informations liées à internet. Il est clair que ces items, pour des médecins gros utilisateurs d'internet, n'aurait pas eu grand intérêt.
Ensuite, il est précisé que ces deux groupes de médecins n'ont pas de "chapelle" particulière, et rien ne permet de douter de cette affirmation. Mais peut-être avez vous confondu la liste "mglist", sur laquelle je ne vous ai jamais croisé, avec la liste "LecteursPrescrire" où nous nous cotoyons ? Il est clair qu'une telle enquête, réalisée auprès d'un groupe d'abonnés de la revue Prescrire (ou d'une autre revue), n'aurait aucun sens. C'est pourquoi les listes "Mglist" et "Mgclinique" ont été choisie pour leur pluralité de point de vue. Votre bref passage sur la liste "Mgclinique" vous a permis de constater, comme vous le signalez, que les participants de cette liste de discussions ne peuvent être considérés comme des nervis de la Revue Prescrire. Il y a une contradiction dans votre argumentation. Il est tout à fait possible de considérer la Revue Prescrire comme une source habituellement fiable, et d'en critiquer l'avis à l'occasion.
Redisons donc, comme dans notre conclusion, que cette enquête ne prétend pas généraliser ses résultats à l'ensemble des médecins généralistes. Elle fait des constats et pourrait susciter des travaux complémentaires.
Je vous remercie de m'avoir permis, par votre réaction, de préciser ces points importants.
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Je vous remercie d'avoir répondu à mes remarques mais je crains que vos justifications n'aient rien à voir avec les canons de la rédaction des articles médicaux.
Je crois que pour Knol qu'il n'existe pas d'Instructions aux Auteurs comme c'est le cas dans les revues de référence. Il n'y a pas non plus de peer-reviewing ce qui aurait permis, avant publication, de corriger quelques approximations.
Je remarque d'abord que le titre ne correspond pas au contenu de l'article. Il eût mieux valu écrire : "Perception de la fiabilité des sources d'informations médicales chez des médecins généralistes participant à des forums cliniques sur Internet" avec comme sous-titre : "Résultats d'une enquête par e-mail."
Ensuite, les tenants et les aboutissants de l'enquête ne sont pas formulés clairement dans l'introduction et il n'est pas fait mention d'enquêtes précédentes sauf une qui auraient pu servir de références. Or ces enquêtes existent sur d'autres supports.
La méthode de questionnement n'est pas mentionnée : s'agissait-il d'un e-mail simple ? Fallait-il se connecter à un site ? Y a-t-il eu des relances ?
Vous dites que les caractéristiques des sondés sont rapportées... D'abord les quelques données fournies sur les participants sont placées après les résultats à LA question de ce qui est pour le moins curieux. Ensuite il eût été intéressant de connaître depuis quand les répondeurs étaient membres des forums, leur âge, leur statut exact (type d'implantation : cabinet de groupe ou non, à la campagne ou non, etc), s'il existait une différence entre répondeurs et non répondeurs...
Enfin, dans la discussion, aucune référence aux résultats de l'étude sur le forum de gynéco, pourtant citée, pas de comparaison avec les taux de répondeurs dans ce genre de questionnement, pas a fortiori de comparaison avec un questionnement sur un autre support (par courrier, par téléphone...), pas de critiques sur les limitations d'une telle méthodologie et, surtout, discussion centrée sur les divergences entre les résultats et les opinions des auteurs... considérées finalement comme la référence...
Pas de références non plus pour tout l'article...
Il ne faudrait pas, indépendamment de l'intérêt supposé de l'article sur lequel, en l'absence des éléments que j'ai détaillés, je ne peux me faire une idée, que le web 2.0 nous fasse revenir des siècles en arrière quand les articles médicaux, sans la méthode expérimentale, n'étaient que des opinions d'expert ad valorem ou l'expression d'un excès de pouvoir.
Je suis abonné à Prescrire et votre formulation de "nervis" est un lapsus intéressant.
Cela dit, il serait utile que les publications scientifiques obéissent à des critères de qualité et non à des critères d'occupation des lieux.
Je vous remercie, Monsieur Dupagne, qui, en d'autres lieux me tutoie, de m'avoir permis d'exprimer le point de vue d'un médecin généraliste qui publia des articles, qui écrit aussi et qui fut peer-reviewer dans des revues (francophones et anglo-saxonnes) et aussi dans Prescrire.
Bonne journée.
JC GRANGE
16, rue Blaise Pascal
78200 Mantes-La-Jolie
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Je comprends mieux votre réaction. Vous avez jugé ce document à l'aune d'une publication dans une revue scientifique internationale.
Notre article n'a jamais eu la prétention de suivre les standards d'une telle publication. Il est vrai qu'il se démarque des opinions personnelles publiées sur les blogs par une tentative de rigueur dans la description du matériel et de la méthode. Mais c'est avant tout un article destiné au grand public qui expose sommairement une donnée nouvelle et à notre avis intéressante. Il n'a jamais eu d'autre ambition ni prétention. Il ne suit en effet pas le plan d'une publication scientifique, mais c'est volontaire. Je serais curieux de savoir d'où vous est venu cette impression que nous prenons finalement pour un compliment ;-)
Par ailleurs, l'agressivité et la forme de votre commentaire initial ne pouvaient laisser deviner votre passé de peer-reviewer scientifique. Le mot [Beta] aurait dû vous alerter : il s'agit d'une version préliminaire ouverte à la critique et aux suggestions d'améliorations.
A ce sujet, vous indiquez l'existence d'enquêtes identiques sur d'autres supports. Vous serait-il possible de nous en communiquer les références ? Celle de Nicolas Prothon (IPSOS) est intéressante, mais englobe toute la presse dans un seul item, ce qui est peu discriminant alors que nos études permettent justement de faire la différence entre la fiabilité ressentie des revues avec et sans publicité. Nous sommes actuellement en train d'étudier le rapport de l'IGAS sur l'information des généralistes sur le médicament qui contient en effet des données méritant d'être intégrées à l'article.
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M. Grange a-t-il entendu parler de la méthodologie qualitative, employée habituellement en sociologie ? Je suis en train de m'y intéresser de près car ma thèse l"utilise. Il faut notamment "désapprendre" tous ces vieux réflexes "quantitatifs" : représentativité, protocole expérimental rigide non modifiable, calculs statistiques etc... il existe un autre monde, non moins rigoureux et non moins scientifique, qui permet d'avancer dans la compréhension d'un sujet. En effet certaines choses sont non quantifiable, notamment les opinions, l'étude des représentations, du vécu, etc...
Je vous conseille la lecture des premières pages de "l'enquête et ses méthodes - l'entretien compréhensif" de Kaufmann (sociologue au CNRS à Paris 5 Descartes).
Cordialement,
Mathieu VAN DESSEL (Médecin généraliste en cours de thèse)
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