La "bulle médicale"

La situation de la médecine est très proche de celle de l'économie des années 2000

Nous avons connu récemment l'explosion de quelques bulles : internet, immobilière, financière. Les mécanismes qui aboutissent à une bulle et à sa rupture sont connus. La première grande bulle documentée - celle des tulipes - date du 17e siècle.
Le phénomène de bulle ne touche pas que les biens matériels, il concerne aussi les pratiques, les idées, les théories. Cet article démonte les mécanismes d'une bulle prête à se rompre : la bulle médicale.


La médecine a fait tellement de progrès que plus personne n’est en bonne santé.
Aldous Huxley


Résumé :
Une bulle naît quand certaines conditions sont réunies : augmentation durable de la valeur d'un groupe d'objets, négligence du caractère cyclique de l'évolution de cette valeur, opacité du système d'évaluation, conflits d'intérêts entre les experts et les objets évalués.
Spéculation et mimétisme collectif sont les deux derniers rouages de la constitution d'une bulle dont la valeur surestimée enfle et s'auto-entretient jusqu'à sa rupture, généralement brutale.
La médecine remplit toutes ces conditions : le progrès médical croît depuis plus d'un siècle et de mémoire d'homme, personne ne l'a vu régresser. L'évaluation de la médecine, des médicaments et des stratégies de prévention est devenue suffisamment opaque pour être incompréhensible par la majorité des patients et par de nombreux professionnels de santé.
L'industrie pharmaceutique a fait fortune grâce aux prescriptions des médecins. Elle finance désormais leurs formations, leurs experts, leurs recherches, leurs accès à l'information professionnelle. La dilution de l'éthique et de l'indépendance médicale dans les capitaux industriels est confortée par l'imprudente passivité des pouvoirs publics, eux-mêmes coutumiers de ce mélange des genres.
De nombreuses stratégies médicales, médicamenteuses ou non, sont plus délétères que bénéfiques. Jules Romains était visionnaire quand il brocardait dès 1923 la "médecine moderne" du Dr Knock. L'université médicale et l'hôpital sont devenus une gigantesque "Knock Academy" tandis que la médecine humaniste s'éteint sous les coups de boutoir conjugués de la normalisation sclérosante et de l'inflation administrative sanitaire.
L'explosion de notre système de sécurité sociale solidaire sera sans doute le grain de sable qui va enrayer cette spirale inflationniste et provoquer la rupture de la bulle médicale. Après un atterrissage douloureux, la médecine devrait retrouver un visage plus humble et plus humain.


Une bulle est un phénomène d'inflation anormale de la valeur d'un ensemble d'objets. Ce phénomène est auto-entretenu et déconnecté de la valeur intrinsèque de ces objets. Une bulle finit toujours par éclater après un temps variable : la valeur surestimée s'effondre pour rejoindre la valeur réelle.


Un exemple classique : la bulle immobilière

Dans une bulle immobilière, les prix augmentent initialement par la conjugaison de la rareté du bien et de la solvabilité croissante des acheteurs. Après quelques années, la hausse paraît inexorable et durable et il est tentant d'acheter un bien immobilier non pour l'habiter, mais pour faire une plus-value en le revendant un peu plus tard. Cet engouement provoque une flambée des prix qui valide cette stratégie spéculative et encourage les nouveaux acheteurs à accepter un prix élevé. Les prix sont progressivement déconnectés de la valeur intrinsèque du bien immobilier (le coût de sa construction par exemple), ou de la part de revenu que les ménages peuvent consacrer à leur logement.

Sur le schéma suivant, les bulles immobilières 1987-1991 (Paris) et 2002-2008 (France entière) sont facilement identifiables si les prix sont rapportés aux revenus des ménages.


Quand un grain de sable (ou un pavé) vient perturber la spirale inflationniste, le rêve s'arrête brutalement et le retour à la réalité s'impose douloureusement. De même que la hausse entretient la hausse, la baisse entretient la baisse [1]. En matière d'immobilier, il est probable en regardant ce graphique que les prix 2008 vont baisser d'environ 40% pour revenir sur la ligne de base qui prévaut depuis 40 ans. C'est une bonne indication de la capacité d'investissement des ménages, et donc du prix moyen auquel le bien est susceptible de se vendre.

Les bulles spéculatives sont vieilles comme le monde. Celle des tulipes hollandaises est une des plus connues et l' humour juif s'en nourrit.

Les mécanismes qui fondent une bulle spéculative sont connus. Pour qu'une bulle apparaisse, les conditions  suivantes doivent être remplies:
– l'augmentation de la valeur de l'objet dure depuis longtemps et semble sans fin (mémoire courte...),
– les experts qui apprécient cette valeur sont liés aux objets évalués (conflits d'intérêts),
– les alertes sont occultées, leurs émetteurs sont dénigrés (biais de confirmation d'hypothèse),
– une opacité croissante du système facilite l'appréciation erronée de la valeur de ses composants (on se trompe quand on est mal informé),
– il est possible de spéculer sur la valeur de cet objet, c'est à dire de tirer un bénéfice lors de sa revente (appât financier),
– la solvabilité des acheteurs facilite l'augmentation des prix (pas de prix élevé sans acheteur solvable ou crédit facile),
– un mimétisme collectif pousse chacun à reproduire le comportement général (instinct grégaire),
– la croyance en l'augmentation de la valeur de l'objet peut augmenter réellement sa valeur affichée (la bulle s'auto-entretient).


Il existe des bulles immatérielles

Les mécanismes qui permettent la création d'une bulle ne s'appliquent pas qu'aux biens matériels. Les idées, les théories ou les pratiques peuvent être touchées par des mécanismes similaires.

T.S Kuhn a montré en 1962 que les évolutions de la connaissance sont discontinues. Sans pouvoir parler de bulle stricto sensu, les révolutions et les ruptures scientifiques en sont très proches et en suivent les étapes :
– découverte stimulante d'une nouvelle théorie,  vérifiée par l'expérience,
– extension progressive du domaine d'application de la théorie, augmentation exagérée de sa "valeur",
– occultation des critiques et des failles (expériences ou faits qui "ne collent pas" avec la théorie),
– engouement général ± prix Nobel pour le découvreur,
– la théorie devient dogme et est enseignée partout,
– les failles augmentent en nombre, mais ne parviennent pas à entamer le crédit de la théorie. Ce sont les fameuses "exceptions censées confirmer la règle".
– une nouvelle théorie portée par une nouvelle équipe parvient enfin à expliquer les failles. Elle provoque soit la chute brutale de l'ancienne théorie si elle se révèle fausse (génération spontanée/expérience de Pasteur), soit sa "provincialisation" au sein de la nouvelle théorie (physique classique/physique quantique).

La suite de cet article décrit la  bulle de la médecine occidentale au XXe siècle, mais un parallèle pourrait être fait avec de nombreux domaines scientifiques.


Un parallélisme étonnant avec la médecine

Bien que l'activité médicale ne représente pas un bien matériel durable et négociable, nous allons voir que l'inflation qualitative auto-entretenue peut  toucher de nombreux aspects de la santé, et aboutir à une bulle.
Gonflée de ses énormes succès depuis près d'un siècle, la médecine a constitué une bulle prête à éclater.

Reprenons un par un les critères constitutifs d'une bulle et voyons comment ils peuvent s'appliquer à la médecine moderne.


1)  L'augmentation de la valeur de l'objet dure depuis longtemps et semble devoir être sans fin

De mémoire de rose, on n'a jamais vu mourir un jardinier !
Fontenelle

La mémoire humaine est bien courte. Nous sommes habitués depuis notre naissance à une croissance constante et spectaculaire du progrès médical. L'idée d'une régression même transitoire nous paraît inconcevable.

Et pourtant, l'histoire de la médecine a connu des épisodes peu glorieux. Molière a croqué perfidement les médecins de son époque qui étaient souvent des cuistres inefficaces, voire néfastes. La lobotomie a été largement pratiquée, encore récemment, malgré sa barbarie et des effets indésirables redoutables.

source http://www.compagnie-altair.fr
Au XIXe siècle, Semmelweis a peiné à démontrer que l'hygiène était fondamentale en obstétrique. Pendant des dizaines d'années, la mortalité des accouchées a atteint des sommets ; seules les femmes qui n'avaient pas le choix accouchaient à l'hôpital, en sachant qu'elles avaient de fortes chances d'y perdre la vie. C'est à la maison, loin des médecins aux mains souillées, que les femmes avaient le plus de chances d'accoucher sans drame.

Mais ces événements ont constitué des trous d'air sans véritable récession durable du progrès médical. Celui-ci a connu avec l'irruption de la méthode expérimentale dans le champ de la biologie un progrès constant et exponentiel jusqu'à la fin du XXe siècle. Cette progression absorbait ou effaçait de nos mémoires ces régressions transitoires. Cette dynamique peut être rapprochée de la croissance économique depuis 150 ans et ses crises vite oubliées en dehors de celle de 1929.

Or depuis une quinzaine d'années, les avancées médicales deviennent rares ou peu significatives, alors que les aléas médicaux parfois graves ont des conséquences importantes et mesurables qui se comptent en milliers de décès [2]. Aggravant cette situation, une inflation de la technique est venue masquer la détérioration des aspects humains de l'aide à autrui. Or, face à cette déflation de la qualité des soins médicaux, les coûts continuent à croître inexorablement : le rapport qualité/prix de la médecine est donc en baisse constante.

Cette stigmatisation des aléas de la médecine pourrait paraître injuste. Comment demander à une discipline de ne jamais commettre d'erreur ? Il est des accidents qui sont excusables : lorsqu'un risque imprévisible apparaît, il est parfois trop tard pour empêcher la catastrophe. C'est le cas pour les tout débuts du sida ou pour la terrible affaire de la thalidomide ; ce calmant utilisé chez les femmes enceintes a provoqué 15 000 accidents gravissimes chez leurs enfants. Cet effet était quasiment imprévisible à l'époque et le médicament a été retiré du marché dès que sa responsabilité a été reconnue. C'est seulement depuis cet accident que les prescriptions de médicaments chez les femmes enceintes sont très réglementées.
En revanche, dans l'affaire du Distilbène, des millions de femmes ont été touchées dans le monde alors que l'on savait dès 1945 que ce produit n'avait aucun intérêt pour traiter les menaces d'accouchement prématuré. La poursuite de la prescription du Distilbène aux femmes enceintes jusqu'en 1971 est inexcusable.
De même, le dogme médical consistant à coucher les nouveaux-nés sur le ventre, fondé sur une simple hypothèse, a causé le décès de 1000 nourrissons par an pendant trente ans en France. Il aurait été préférable de vérifier le bien-fondé de cette recommandation avant de la généraliser.

L'hôpital n'est pas en reste .Au XXIe siècle, les maladies nosocomiales (infections contractées à l'hôpital) et les accidents liés à la médecine prennent des proportions considérables et inquiétantes. Sans nier les progrès et les succès de la cardiologie interventionnelle [3] ou de la chirurgie coelioscopique, beaucoup ont le sentiment que les autres spécialités stagnent, voire régressent. L'hôpital n'est plus le temple de la qualité des années1990-2000. Désorganisé par une administration envahissante, il se déshumanise, décourage ses personnels, et devient un lieu inquiétant où les erreurs sont de plus en plus fréquentes, provoquant des milliers de morts tous les ans.

Évolution récente du nombre et du coût des infections nosocomiales
Source : http://www.senat.fr/rap/r05-421/r05-42116.html

Un événement récent est emblématique de la dégradation du climat "humain" hospitalier : le projet de doter tous les patients hospitalisés d'un bracelet d'identification, comme les nouveaux-nés : les intérimaires qui bouchent les trous des plannings ne connaissent pas les patients et le risque d'erreurs de personnes est important. Les témoignages des "habitués" des hôpitaux montrent que l'erreur n'est plus l'exception, mais une réalité avec laquelle on compose.

La croyance dans le caractère irréversible du progrès médical est donc la première condition de l'apparition d'une bulle médicale. Or le progrès médical n'a pas de raison d'être en croissance continue. Le progrès social a connu une forte régression en Occident avec la chute de l'empire romain, qui n'était pas la première civilisation à s'écrouler. La technologie des civilisations anciennes a eu des hauts et des bas spectaculaires. L'Histoire nous apprend que lorsqu'un système atteint un niveau de complexité important, il finit par consommer toutes les ressources disponibles pour son administration. Il ne produit alors plus grand -chose et s'étouffe avant de s'écrouler à l'occasion d'un événement imprévu. La santé publique n'a pas de raison d'échapper à ces cycles systémiques universels. La fissuration actuelle de la protection sociale pourrait bien en être un signe avant-coureur, face à un corps médical découragé, ou influencé par des experts liés aux acteurs financiers de la santé.


2)  Les experts sont liés aux acteurs financiers

La corruption des meilleurs est la pire.
 
St Thomas d'Aquin.

L'une des causes de la bulle financière a été l'incroyable aveuglement des agences et experts chargés  d'évaluer la sécurité des placements financiers et de surveiller le système économique. Nous découvrons avec quelque surprise l'intensité de la collusion entre les agences de notation, les "experts" et les acteurs économiques de la finance.

Dans le domaine médical, l'effet de surprise est absent. Les liens entre les experts de la médecine et les acteurs économiques sont institutionnalisés et légaux. Les agences gouvernementales publient la liste des liens financiers entre les membres de leurs commissions et les firmes pharmaceutiques. Ces liens financiers ne sont pas limités à des travaux de recherche et peuvent consister en des missions de conseil. Cette publication par les agences est d'ailleurs l'exception "vertueuse" : la majorité des liens financiers entre experts et industriels sont tenus secrets, malgré une loi récente imposant leur mention publique.


Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxes


Ces mêmes commissions décident de l'intérêt des médicaments. Il ne vient à l'esprit de personne d'exiger que les experts de ces commissions ne soient liés à aucun industriel : l'argument fallacieux avancé est que la compétence n'existe que chez ceux qui travaillent avec l'industrie pharmaceutique. Nous y reviendrons plus loin.
Un exemple parmi d'autres : l'Assemblée Nationale a confié à l'Association Française d'Urologie l'évaluation du dépistage controversé du cancer de la prostate. Cette association, outre le fait qu'elle représente les urologues dont l'activité est étroitement liée au problème évalué, est financée à plus de 80% par l'industrie pharmaceutique avec laquelle elle noue des "partenariats". Dans un communiqué curieusement daté du 1er avril , le Pr Debré  a fait une présentation tendancieuse des résultats d'études scientifiques publiées une dizaine de jours auparavant. Ces études relativisaient considérablement l'intérêt de ce dépistage.

Le constat est sans appel : telles les agences de notations financières financées par les financiers, les experts de la santé sont liés aux firmes commercialisant les médicaments ou stratégies qu'ils doivent évaluer.


3)  Les alertes sont occultées, leurs émetteurs dénigrés

Malheur au porteur de mauvaises nouvelles.

Les mécanismes de la grande crise financière de 2008 ont été décrits en détails bien avant qu'elle ne survienne. Ceux qui avaient vu juste ont été dénigrés par les experts en place. Ces lanceurs d'alertes ont été infiniment moins médiatisés que ceux qui promettaient une croissance continue et sans faille. La vidéo ci-dessous est caricaturale : les experts se moquent ouvertement du financier Peter Schiff qui  annonce dès 2006 un récession grave à court terme et décrit parfaitement son mécanisme.

Peter Schiff et les "experts"



Dans le domaine de la gynécologie, il ne faisait pas bon remettre en cause l'innocuité du traitement hormonal de la ménopause dans les années 90 :






Nous avons la preuve depuis 2002 que ce traitement hormonal est cancérigène [4] et favorise les infarctus.
Les "notables de la ménopause" alimentaient en 1998 une théorie du complot et tentaient de discréditer ceux qui alertaient sur les dangers du traitement hormonal substitutif [4-page 73]. Nous y reviendrons plus loin.

En médecine, de nombreuses stratégies paraissent consensuelles alors qu'elles sont très contestables et d'ailleurs contestées.

Récemment, un vaccin a été commercialisé pour diminuer le risque de cancer du col de l'utérus. Les données permettant d'établir l'efficacité de ce vaccin sont  maigres face à un coût exorbitant et à des conséquences à long terme mal connues. Les médecins libéraux de l'île de la Réunion  se sont élevés contre la promotion intensive de ce vaccin. L'expert du sujet, dépêché en catastrophe sur l'île pour "étouffer la polémique" (sic), n'a pas hésité à les traiter de négationnistes [5] :


Notons que cet expert n'a pas jugé utile de déclarer l'état de ses liens financiers avec les industriels qui commercialisent ces vaccins.

Le dépistage des cancers par exemple n'est pas aussi anodin qu'il y paraît. Un dépistage aboutissant à de nombreux faux diagnostics ou révélant des cellules cancéreuses qui n'auraient jamais provoqué de maladie peut être plus néfaste qu'utile. Si le dépistage du cancer du col de l'utérus ne prête pas à discussion, le dépistage du cancer du poumon n'a pas d'intérêt et n'est pas pratiqué. Celui du cancer de la prostate, pourtant très répandu, ne repose sur aucune base solide. Or, la mise en cause de ce dépistage, fondée sur des arguments scientifiques de qualité, provoque des réactions violentes et agressives chez ses partisans.

Le dépistage du cancer de la prostate concerne tous les hommes vers 50 ans. La ménopause concerne, elle, toutes les femmes au même âge. Le vaccin contre le cancer du col concerne toutes les jeunes filles. Nous ne sommes donc plus dans la prise en charge de telle ou telle maladie, mais dans l'intrusion de la médecine dans la vie de la totalité de la population.

Ces quelques exemples ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Dans de nombreux compartiments de la médecine, des experts liés financièrement ou intellectuellement à des traitements médicaux en assurent la promotion, parfois au détriment de la santé publique. Et il ne fait pas bon tenter de leur tenir tête.


4)  Il est possible de spéculer sur la valeur de cet objet, c'est à dire de tirer un bénéfice lors de sa revente

Etablir un parallèle avec la médecine peut paraître plus difficile pour l'aspect spéculatif. Il est pourtant justifié : adhérer à une pratique ou à une stratégie dominante valorise son acteur auprès de ses patients et de ses confrères. Mais il y a beaucoup mieux : être l'initiateur d'une stratégie fait de son auteur un expert, qui sera invité dans de nombreux colloques et congrès. Il pourra alors monétiser cette expertise auprès d'acteurs économiques importants (l'industrie pharmaceutique le plus souvent) qui le rémunéreront dans le cadre de leurs campagnes promotionnelles. La valorisation financière n'est pas le moteur exclusif, loin de là. La quête de la gloire et de la reconnaissance constitue un moteur puissant chez les scientifiques.

Nous avons un très bon exemple de ce phénomène avec le rapport ministériel sur les "notables de la ménopause." [6]
Dans les années 80, certains gynécologues ont réussi à persuader presque toutes les femmes ménopausées que leur situation physiologique était une maladie. Qu'il fallait absolument se traiter sous peine de complications graves. Nous avons vu que les voix discordantes étaient traités de "médecins du XIXe siècle".
La bulle des hormones a finalement éclaté au début des années 2000 quand des travaux scientifiques solides ont démontré un effet cancérigène du traitement hormonal sur le sein et une aggravation des problèmes cardiovasculaires.

Un passage de ce rapport (p. 133) illustre bien le mécanisme de spéculation :

« L’arrivée du THS (...) a ouvert aux gynécologues un nouveau segment médical à
partir des années 1970. Des gynécologues, précédemment investis dans les combats autour de
la contraception, ont alors la volonté de faire prendre en considération les symptômes
féminins de la ménopause.
Par la suite, les firmes pharmaceutiques font preuve d’un intérêt grandissant pour les
gynécologues intéressés par la ménopause, dont le discours rentre en congruence avec des
objectifs industriels. Rapidement, ces gynécologues sont associés aux activités des firmes
pharmaceutiques de plus en plus nombreuses dans ce secteur. C’est grâce à ces activités, et à
celle de représentant de sociétés savantes, que des gynécologues deviennent progressivement
des  "notables de la ménopause".
Ces gynécologues acquièrent une position d’influence vis à vis de leurs pairs gynécologues et
médecins généralistes, des firmes pharmaceutiques, des autorités sanitaires et d’une certaine
catégorie de médias. »


Le parallélisme avec les experts financiers jusqu'à la crise de septembre 2008 est frappant. Le monde était censé déborder de liquidités. Les inquiets étaient des pessimistes ou des manipulateurs souhaitant faire baisser les cours.

Le traitement hormonal de la ménopause a constitué une bulle brève au sein de la grande bulle médicale. Elle est particulièrement bien documentée par le rapport déjà cité qui se lit comme un roman policier.

Les médecins ont donc un intérêt spéculatif à adhérer à de nouvelles techniques ou traitements médicaux. Les médias sont beaucoup plus intéressés par les apporteurs "d'innovations", pourtant douteuses, avec leurs dossiers de presse qui facilitent le travail, que par ceux dont le discours est plus mesuré et n'est pas soutenu par les agences de communication des industriels. Ce succès médiatique amène une adhésion du public qui fait pression sur les médecins neutres, qui finissent par céder et prescrire ces pseudo-nouveautés.
C'est donc bien l'équivalent d'un phénomène spéculatif qui s'installe : le succès artificiellement créé attire un  véritable succès commercial qui le "valide" a posteriori, et donc l'entretient.


5)  Une opacité croissante du système facilite l'appréciation erronée de la valeur

L'une des causes du crash financier de 2008 a été la titrisation des subprimes américains : des créances douteuses ont été déguisées en placements financiers peu risqués. Intégrés dans d'autres produits comme des poupées russes, ces titres "emboîtés" ont permis de cacher à l'acheteur final le risque sous-jacent à son investissement.
Dans le monde médical, l'opacité se manifeste de diverses façons.

Du soin à la prévention

Un grand glissement est apparu au milieu du XXe siècle : la médecine est passée du traitement de la maladie à celui du risque, de la médecine curative à la médecine préventive. De ce fait, les résultats du médecin ne peuvent plus être évalués à court terme par le patient. Certes, l'effet placebo a toujours faussé cette évaluation, mais avec la médecine préventive, une véritable révolution s'est opérée, qui reporte dans le futur le bénéfice attendu de l'action présente. 
La médecine préventive (diabète, tension, cholestérol, dépistages divers) vit de promesses et assure qu'elle les tient. C'est la porte ouverte à toute les dérives, illustrée par ce dialogue :
 
Un homme marche sur la ligne de chemin de fer  Manchester-Glasgow en semant des brins de laine.
Un agent des chemins de fer britanniques l'aborde :
– Pourquoi faites-vous cela ?
– Pour empêcher les éléphants de monter sur la voie.
– Mais enfin, il n'y a pas d'éléphants !
– Ah vous voyez ! Ça marche !

En matière de médecine préventive, nous avons été alertés bien avant Ivan Illich par un de nos grands  philosophe et écrivain : Jules Romains. Dès 1923, celui-ci perçoit ou pressent le risque que fait courir la médecine préventive en mettant en scène le désormais célèbre Dr Knock. 

Le Dr Knock invente la médecine moderne



Cette scène, qui se voulait satirique en 1923, décrit tout simplement la réalité actuelle. Il est possible que de jeunes médecins n'y trouvent rien d'humoristique.

L'irruption de l'industrie pharmaceutique dans le financement de tous les pans de la médecine aboutit à une véritable "Knock Academy" : congrès, colloques, formations, réunions hospitalières, universités, dîners en ville... l'industrie est partout où on l'appelle. Ayant épuisé le potentiel des principales maladies, elle en crée de nouvelles, avec la complicité volontaire ou naïve de certains médecins. La scène de Knock entre le médecin et le pharmacien préfigure la collusion actuelle entre la médecine et les entreprises pharmaceutiques.

Désormais, la médecine propose, dispose et assure de ses propres résultats, sans que le patient puisse évaluer l'intérêt de ce qu'on lui prescrit, « sans qu'il ose opposer la poussière de sa singularité à ce qu'il croit être la montagne de notre science » Alain Froment ). La médecine préventive représente désormais une part considérable de l'activité de l'hôpital et des médecins, et la majorité du coût des médicaments[7].
En 1994, un médecin publiait dans la plus grande revue médicale mondiale un court article intitulé "Le dernier homme en bonne santé". Il y racontait qu'il restait un homme, mais un seul, chez qui tous les tests de dépistages restaient désespérément négatifs. Cet article a inspiré un livre du même nom.

Nous voilà donc contraints de faire quasi aveuglément confiance à la médecine, comme le client fait confiance à sa banque qui pourtant prête beaucoup plus d'argent qu'elle n'en a en dépôt.

La "stabilisation"

Knock avait inventé la prévention, la médecine des malades qui s'ignorent. Mais les soins curatifs disposent aussi de leur bulle grâce à la "stabilisation".
La maladie d'Alzheimer est un drame humain, familial et social malheureusement incurable. Certains médicaments dont l'impact est nul ou insignifiant sur la maladie sont pourtant largement prescrits. L'argument souvent proposé est que le traitement stabilise ou ralentit légèrement la maladie. Bien malin celui qui peut juger objectivement de concepts aussi flous. La Haute Autorité de Santé, dans un décision devenue tristement célèbre, a confirmé que le médicament était peu ou pas efficace ; mais elle en a réaffirmé l'intérêt au motif que la maladie est grave et que la prescription permet au spécialiste de revoir le patient régulièrement... Notez la différence, dans les deux liens précédents, entre l'appréciation de ces médicaments par une revue scientifique  indépendante de l'industrie d'une part, et la commission "de transparence" d'autre part, dont les membres et les experts rapporteurs présentent de nombreux conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique comme nous l'avons évoqué plus haut.
Ces médicaments inutiles consomment une part importante des ressources qui pourraient être affectées utilement au soutien des familles prenant en charge une victime de cette maladie.

La Haute Autorité de Santé française est loin d'être la seule à souffrir des conflits d'intérêts de certains de ses membres ou experts : la FDA (Food an Drug's Administration) américaine est très exposée également.

FDA - COMMISSION SUR LE MÉDICAMENT
"Levez la main si vous avez un conflit d'intérêt avec cette décision..."
source http://www.naturalnews.com/Index-Cartoons.html



L'opacité de la science médicale elle-même


Si la science médicale est illisible au patient, elle le devient parfois aussi au médecin. Les conflits d'intérêts déjà décrits, ne permettent pas d'interpréter sainement l'engouement de tel expert pour tel médicament. Mais surtout, les publications scientifiques deviennent également incompréhensibles.
Il y a encore une vingtaine d'années, la science médicale était intelligible par un journaliste scientifique ou un praticien de terrain : 
Essai clinique version 1970 : L'antidépresseur Zincou administré à 100 patients déprimés pendant trois mois a permis 65% d'amélioration, contre 45% pour 100 autres qui recevaient un placebo. La probabilité pour que cette différence observée soit due au hasard est de 0,2%.

Mais le jargon et une méthodologie d'opacité croissante sont rapidement venus compliquer la lecture des compte-rendus :
Essai clinique version 2008 : L'antidépresseur Zincou était plus efficace que le placebo pour prévenir les récidives de symptômes émotifs et de symptômes physiques douloureux de dépression tels que mesurés par une analyse des critères individuels de l'échelle HAM-D et de l'échelle analogue visuelle (ÉAV). Une différence statistiquement significative a été observée pour 17 paramètres secondaires d'efficacité sur 18. (extrait non modifié d'un résumé récent).
Tout se conjugue pour rendre de plus en plus incompréhensibles les fondements de l'activité médicale et de la prescription. Vous retrouverez le même sabir si vous lisez la décision de la Haute Autorité de Santé sur les médicaments de la maladie d'Alzheimer, déjà citée.

L'emboîtement


Les travaux scientifiques s'appuient sur des travaux précédents (références), qui eux-mêmes s'appuient sur des travaux précédents... Après quelques citations en cascade, l'hypothèse devient certitude, l'anecdotique devient généralité, sans que quiconque ou presque n'aille vérifier les sources.

Exemple  :
- le travail A montre que les voitures rouges causent plus souvent des accidents que les voitures  blanches.
- Un article B, citant A, va affirmer que les voitures rouges sont plus dangereuses.
- Un article C citant B, affirmera que repeindre une voiture rouge en blanc améliore la sécurité car les voitures rouges sont dangereuses.
- Une norme D, citant C, va imposer la couleur blanche pour toutes les voitures.

Dans cet emboîtement de données aboutissant à une absurdité que tout le monde peut identifier, l'erreur est d'avoir négligé la personnalité du conducteur qui achète une voiture rouge et qui est la variable expliquant le taux d'accident plus élevé.
Or en médecine, les choses sont trop complexes pour que le cheminement aboutissant à une recommandation absurde soit identifié aussi facilement. Voir un exemple ici.

De même que la "titrisation" des subprimes a permis d'en masquer les risques à l'aide de "couches" successives, les références en cascades permettent d'affirmer à peu près n'importe quoi avec un peu d'habileté rédactionnelle.


6)  L'offre est abondante, mais les prix élevés sont alimentés par la solvabilité des acheteurs, elle-même assurée par un accès facile au "crédit"  

Jusqu'ici, tout va bien....

Une des grandes surprises de la bulle financière a été la découverte du mécanisme de création de l'argent à partir de la dette. Cet argent aussi abondant que fictif permettait une surenchère à l'achat et entretenait la montée des cours.

En matière de santé, la richesse nationale (elle-même fondée désormais largement sur la dette) a permis pendant des années de financer des coûts de santé en augmentation permanente, autorisant la croissance de la bulle médicale.

Évolution des dépenses de santé à prix constants
Source : http://regulation.revues.org/document1507.html

Or les médecins sont des agents économiques très particuliers : ils auto-prescrivent leur activité et sont quasiment libres de leurs prescriptions. Imaginons des entreprises de travaux publics qui décideraient sans contrôle de la construction de ponts ou de routes, et des matériaux à employer.

La bulle a donc pu être alimentée par des médecins qui agissent et surtout prescrivent médicaments et examens sans que la pertinence de ces prescriptions puisse être évaluée [8]. Vécue comme en progrès constant, à l'aune de ses extraordinaires succès au XXe siècle, la médecine triomphante pouvait encore se permettre de prélever 10% du PIB en 2007, aussi bien en France qu'en Allemagne ou en Suisse. Or ces prélèvements deviennent insupportables pour une collectivité qui entre en récession.

La réaction des pouvoirs publics est aussi classique  qu'inadaptée : augmenter l'administration du système. Cette inflation administrative, qui augure généralement la chute des civilisations, n'est parvenue qu'à renchérir les soins, à en diminuer la qualité, et à décourager les soignants. Il est frappant de noter que dans une économie libérale comme celle de la France, c'est le système du Gosplan soviétique qui est appliqué à la santé, et qui doit être renforcé prochainement. L'Histoire montre pourtant que toutes les tentatives d'administration centralisée et dirigiste des activités socio-économiques conduisent à la ruine.

Un dernier phénomène alimente la hausse artificielle des prix. Il s'agit de la confiance que nous apportons a priori à ce qui est cher. Or de nombreux médecins fixent librement leurs honoraires, qui sont remboursés au patient par leur complémentaire santé. L'observation quotidienne montre que les patients se dirigent spontanément vers les médecins les plus chers, dans la limite du remboursement de leur complémentaire. Cet effet "parce que je le vaux bien" et la compétition entre les assurances complémentaires contribuent à l'augmentation des honoraires médicaux.

Le coup d'arrêt du financement solidaire risque d'être le facteur de rupture de la bulle médicale : le public va brutalement s'interroger sur le bien-fondé de ses dépenses de santé et chercher des alternatives économiques. Il risque d'avoir quelques surprises. [9]



7)  Un mimétisme collectif pousse chacun à reproduire le comportement général

L'Homme est une espèce grégaire. Rares sont ceux qui prennent sans crainte des chemins inconnus ; le groupe rassure. Mais nous accordons au comportement majoritaire un crédit souvent exagéré.

Ce phénomène très présent en médecine, permet l'auto-alimentation des engouements sans cause. Surtout si des agences de communication au service des fournisseurs alimentent avec talent ce sentiment collectif pour le transformer en vérité d'allure universelle. Nous vivons ainsi avec des croyances étonnantes, comme celle du caractère indispensable des produits laitiers dans notre alimentation [10], ou des check-up systématiques, ou de l'effet stimulant de la vitamine C [11].

Après le "crash des hormones", le marché de la ménopause a cherché un autre moteur et l'a trouvé avec l'ostéoporose. La majorité des femmes de plus de 50 ans ont été convaincues en quelques années que la fragilité potentielle de leurs os constituait un grave problème de santé publique. Elles sont devenues demandeuses de prise en charge spécialisée (examens, médicaments) pour un problème dont elles n'avaient jamais entendu parler dix ans auparavant. Les gynécologues de la ménopause se sont transformés en rhumatologues.

Comme nous l'avons déjà vu, dans la même tranche d'âge particulièrement attentive à sa santé, les hommes sont très demandeurs du dépistage systématique du cancer de la prostate, qui n'est pourtant recommandé ni par la Haute Autorité de Santé, ni par l'Organisation Mondiale de la Santé , mais faitl'objet d'une intense campagne de promotion par les urologues.


8)  La croyance en l'augmentation de la valeur de l'objet augmente réellement sa valeur.

Un des mécanismes de la spéculation est sa capacité à s'autovalider : le bien est présenté comme peu cher et attrayant. Ceux qui l'on acheté constatent que le prix monte encore et sont tentés de recommencer ou de convaincre leurs relations de faire de même. L'erreur se valide elle-même.

Nous en avons une nouvelle illustration en médecine avec le dépistage des cancers. Depuis quelques années, un engouement marqué s'est installé pour la recherche de petits cancers afin de les traiter au plus tôt et d'éviter le cancer-maladie. Cette stratégie semble frappée au coin du bon sens. Malheureusement les choses sont beaucoup plus compliquées. En effet :
– Nous fabriquons des cellules cancéreuses tous les jours, et nous les détruisons dans les mêmes proportions.
– Mêmes quand ces cellules se regroupent en petits nodules, il ne s'agit pas d'un cancer-maladie pour autant. Ces  nodules peuvent disparaître ou rester quiescents jusqu'à ce que la personne meure d'autre chose.
La recherche de ces cellules cancéreuses peut donc être une très mauvaise idée et aboutir dans de nombreux cas à des inquiétudes inutiles, ou pire à des traitements dangereux ou mutilants. Il n'est pas rare que les complications immédiates d'une biopsie ou d'une opération tuent un patient, qui n'aurait jamais entendu parler des cellules cancéreuses qu'il portait sans le savoir.
Un autre événement rend certains dépistages dangereux : le faux diagnostic. Pour éviter de "laisser passer" un cancer, le médecin qui analyse les biopsies au microscope a tendance à englober des lésions suspectes, mais peut-être bénignes, dans le groupe de celles qu'il qualifie de cancéreuses.
Nous avons eu deux démonstrations récentes de ce phénomène peu connu :
Un fauteuil chinois contenant un produit toxique a provoqué des lésions d'irritation chez de nombreux utilisateurs. Un diagnostic (erroné) de cancer a été porté chez au moins deux personnes, dont une qui a reçu plusieurs dizaines de séances de chimiothérapie.
L'autre démonstration a été apportée par une étude norvégienne récente qui montre que la pratique de mammographies de dépistages tous les deux ans aboutit à plus de 20% de diagnostics de faux cancers, c'est à dire de lésions qui régressent spontanément ou qui ne sont pas des cancers.
Certains dépistages sont très utiles, comme celui du cancer du col de l'utérus chez la femme ; mais d'autres, comme celui du cancer du poumon, du foie, du rein ou de la prostate, sont nuisibles. Un livre remarquable fait le point sur ce sujet qu'il serait trop long de détailler ici.

De nombreux dépistages aboutissent donc à découvrir des lésions qualifiées de cancer-maladie alors qu'elles n'en sont pas. Le même phénomène est observé pour les maladies cardiovasculaires ou l'ostéoporose. Or ces découvertes valident a posteriori ces dépistages injustifiés : les hommes chez qui un dosage de PSA puis des biopsies ont révélé des cellules cancéreuses sont persuadés que ce dépistage leur a sauvé la vie. Personne ne leur a dit que la moitié des hommes de leur âge portaient des cellules cancéreuses dans leur prostate, que très peu en mouraient et que cette découverte ne justifiait peut-être pas de les rendre impuissants et parfois incontinents. Plus le dépistage trouve de lésions, plus il paraît justifié. Ce cercle vicieux alimente une inflation auto-entretenue de la valeur, très proche de celle qui concerne les biens matériels et qui alimente les bulles.


La bulle médicale est prête à éclater


Depuis vingt ans, il n'y a pas eu de progrès médical significatif. Seule la chirurgie et la cardiologie interventionnelle ont continué à améliorer significativement leur discipline. Pourtant, dans le même temps, le coût de la santé a quasiment doublé.

Les grandes révolutions médicales sont derrières nous et ne sont pas renouvelées :
– vaccins contre la diphtérie, le tétanos ou la poliomyélite, qui ont fait disparaître des fléaux historiques,
– antibiotiques guérissant comme par miracle des maladies infectieuses souvent mortelles auparavant,
– chimiothérapies et radiothérapie anticancéreuses guérissant les leucémies de l'enfant, les lymphomes et quelques cancers,
– découverte de l'insuline, des neuroleptiques, de l'héparine, de la vitamine D et de quelques autres grands médicaments,
– progrès de l'anesthésie permettant une chirurgie de plus en plus complexe et efficace.

L'augmentation de l'espérance de vie souvent mise en exergue est au moins autant liée aux progrès sanitaires (conservation des aliments, gestion des eaux usées) qu'à la médecine et aux médicaments.

Malgré l'augmentation des coûts, la qualité globale des soins médicaux se dégrade. Cette dégradation palpable est liée à une cascade de causes : la surévaluation de l'impact positif de la médecine sur la santé, les effets iatrogènes croissants des médicaments, les maladies nosocomiales, une médecine préventive incontrôlée, l'impossibilité d'évaluer la qualité des médecins et des soins avec nos outils actuels, la pénétration abusive de l'industrie pharmaceutique dans la formation et l'information des médecins, l'inflation administrative et l'illusion de la "démarche qualité", le manque d'experts indépendants et fiables, une opacité globale du système et pour finir la consommation excessive et mal répartie des ressources que la nation peut consacrer à la santé.

Le coup de grâce sera apporté par l'explosion des mécanismes de financement solidaires tels que l'assurance maladie universelle. En désolvabilisant les patients, cette rupture de la bulle médicale va conduire à s'interroger sérieusement sur le bien-fondé des stratégies médicales.
Dans le même temps, de nouveaux outils issus de la médecine 2.0 permettront peut-être de rendre la déflation médicale moins douloureuse et de reconstruire une médecine plus humaine, un art au carrefour de plusieurs sciences comme la définissait Canguilhem [12] , et non plus une pratique unique, dogmatique et normalisée.

Stigmatisée très tôt par le philosophe Jules Romains et son Dr Knock, la médecine moderne sera sans doute sauvée par le retour des philosophes à son chevet, et notamment ceux qui comme Michel Serres [13] ou Edgar Morin s'intéressent aux sciences de la complexité. Il ne s'agit pas de détruire la médecine moderne pour retourner à l'obscurantisme, mais de la reconstruire tous ensemble sur de nouvelles bases.

Références

  1. En période de hausse, l'acheteur est incité à acheter rapidement de peur que le prix augmente. En période de baisse, l'acheteur attend le plus longtemps possible car il sait que le prix va baisser ; ce comportement attentiste accroît la baisse des prix.
  2. Un rapport de l'Académie de Médecine sur les causes des cancers attribue la majorité des nouveaux cas à ... la médecine ! Les décès par cancers attribués au traitement hormonal de la ménopause se comptent pas milliers.
    http://www.atoute.org/n/article60.html
  3. La cardiologie interventionnelle est à mi-chemin entre la chirurgie et la médecine. Elle consiste à traiter des lésions du coeur et surtout des artères coronaires sans ouvrir le thorax. Un cathéter, fin tuyau introduit dans une artère, permet de gonfler des ballonnets pour élargir des artères bouchées et de poser des ressorts (stents) pour maintenir cette dilatation. Cette approche moins traumatisante a révolutionné la cardiologie de la fin du XXe siècle.
  4. Dans un rapport sur les causes des cancers, l'Académie de Médecine attribue au THS 5000 cancers par an en 2000 et 1200 décès.
    Le rapport (page 28)
  5. Article du journal de la Réunion, paru après la mise en garde des médecins locaux.
    article au format pdf
  6. Il s'agit dun rapport de la mission d'étude du ministère de la santé "Au bénéfice du doute - Les notables de la ménopause face au risque du traitement hormonal substitutif". Ce superbe travail se lit comme un roman policier.
    Rapport complet (pdf)
  7. Les neuf premiers médicaments (en chiffre d'affaire remboursé en France) sont des médicaments destinés à prévenir des maladies sans que leur effet puisse être constaté par le patient.
    Voir les annexes de ce document
  8. L'évaluation de la qualité médicale est un problème d'un grande complexité. Face à l'incapacité des médecins à proposer une mesure de leur qualité, les gestionnaires développent une "démarche qualité" basée sur des normes de soins. Cette idée séduisante est en fait une aberration qui détruit la qualité plus sûrement que tout autre méthode. Ceux qui ont déjà vécu une "démarche qualité" dans un domaine où l'humain est un facteur important comprendront sans avoir besoin de références. Les autres pourront consulter le lien fourni.
    Qualité et santé
  9. Exemple de surprise : le traitement le mieux étudié, et le plus efficace pour traiter l'hypertension artérielle, coûte un euro par mois ! Ce vieux diurétique à faible dose protège mieux des accidents cérébraux que des médicaments modernes coûtant plus d'un euro par jour. Le jour où le patient paiera lui-même ses médicaments, cette information risque de l'intéresser.
    Traitement économique pour l'hypertension
  10. Débat complexe et animé qui déborde le cadre de cet article.
    Un article de vulgarisation mais de bonne qualité sur le sujet
  11. La vitamine C prévient le scorbut, est un bon conservateur dans de nombreux aliments (nous en absorbons donc énormément) mais n'a aucune activté thérapeutique ou stimulante prouvée.
    article résumé et liens
  12. Le normal et le pathologique. puf 1966
  13. Colloque de 2006 qui présente la vision de Michel Serres de l'éducation médicale. Il intervient à partir de la 21ème minute
    Vidéo

Commentaires

la médecine de prévention n'est pas ce que l'on croit

Bonjour,
Bien d'accord avec votre analyse, qui me semble brillante et très documentée, sur l'essentiel.
J'irai même plus loin que vous, s'il peut y avour une bulle médicale, c'est peut-être que la médecine a été réduite préalablement à un phénomène commercial comme un autre utilisable à des fins financières. Et cela à travers une conception univoque de la médecine qui consiste à penser qu'à un problème, correspond une solution, qui est dans l'immense majorité des cas technique ou matérielle (acte technique ou prescription médicamenteuse). Une conception selon laquelle l'acte de prescription serait l'expression la plus aboutie de la médecine. Et aussi une conception "magique" de la médecine, bien dans l'air du temps et de la société de consommation: "vous allez prendre cette peite pillule et vos problèmes seront resolus".C'est vrai dans certains cas bien circonscrits, mais cela ne saurait tenir lieu d'unique conception de la médecine dans la relation au patient.
C'est une conception qui semble être plus prégnante en France qu'ailleurs au vu de la masse des médicaments prescrits. Et M. Dupagne n'échappe pas à cette conception, pourtant imposée par les besoins de bnéfices des laboratoires, bien plus que par les besoins de santé publique, lorsque, par un abus de langage il parle de médecine de prévention au sujet de la surmédicalisation des risques de santé (surmédicalisation au sens technique, toujours dans la logique un problème= une solution, de préférence technique et coûteuse).
Or, il apprataît qu'en réalité, les français sont plutôt très en retard en matère de prévention, les sommes investies étant inversement proportionnelles à celles investies dans les thérapies et le dépistage.
C'est un choix qui a été opéré car en réalité la vraie prévention, la prévention précoce, qui identifie des facteurs de risque et tente de les contrôler grâce à quelque chose qui s'appelle l'éducation à la santé, use surtout de la salive et nécessite du temps mais ne génère pas vraiment du commerce. En tous cas pas directement.Raison probable pour laquelle elle a été délaissée de tous temps en France et l'est de plus en plus.
Donc ne pas confondre la tentative de généralisation d'actes techniques de dépistage et médecine préventive. Sans quoi on réduit les médecins au rôle de prescripteurs et de simples intermédiares entre les laboratoires qui proposent des produits et les patients qui les consomment.

Un autre point de désaccord concerne ce problème de notation des médecins par les patients. Concept venu des Etats Unis si j'ai bien compris? En dehors du fait que ls Etats Unis, le pays où tt ce qui peut être monnayé DOIT l'être (les organes, les enfants...) et où les gens qui ne sont pas solvables sont autorisés, au nom de la liberté individuelle, à mourir sur un coin de trottoir, ne sont pas vraiment ma référence en matière culturelle intellectuelle et éthique; en dehors de cela l'idée ne me paraît pas excellente. Je suis d'autant plus à l'aise pour en parler que je suis salariée et je ne suis pas soumise aux mêmes contraintes en matière de clientèle que mes confrères en libéral.
D'une part la subjectivité est par définition subjective, ce qui veut dire qu'un médecin qui aura "la côte" avec un patient ne l'aura pas forcément avec un autre. Les critères varient d'un patient à un autre.
D'autre part cela risque de renforcer les phénomènes de compétition (dont les américains raffolent, on le sait, car il faut montrer qu'on est le meilleur et c'est ça qui est très valorisé) mais qui ne favorisent pas forcément les échanges et la confraternité. Et aussi renforcer les comportements de type commecial qui ne vont pas forcément dans le sens de l'intérêt bien compris du patient.

Je ne comprends pas bien quelle est l'utilité d'ajouter une pression supplémentaire aux médecins au risque de favoriser ceux qui ont du "bagout" et qui ne sont pas forcément les plus compétents.

Si je me résume, tout à fait d'accord avec la notion de bulle médicale, en France plus qu'ailleurs, mais le moyen d'y rémédier n'est pas, à mon avis, un gadget tel que la notation, mais de permettre au médecin de sortir du rôle de simple prescripteur et aussi de son isolement en créant des réseaux , en faisant la promotion de la médecine préventive en tant qu'éducation du patient et en faisant prendre aux médecins conscience de leur rôle primordial comme acteurs de santé publique.




Dernière modification 17 mai 2009 09:40
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Le verre de trop ?

Les auteurs du rapport de l'INCA précisent à la page 15 que « La consommation d’alcool est généralement estimée en nombre de verres par jour ». Cette estimation n'a pas été introduite pour les besoins de cette étude. Elle existe depuis fort longtemps et il serait intéressant d'avoir des éléments qui la remettent en question. Existe-t-il des arguments scientifiques pour remettre en question cette estimation ? Il est évident que les arguments affectifs, addictifs, politiques ou économiques ne manquent pas...
Si cette estimation est acceptée (avec toutes les réserves liées aux estimations), l'étude se contente de dire qu'une biture hebdomadaire fait courir le même risque cancérigène qu'un verre quotidien, selon un principe que l'on pourrait assimiler à celui de la dose cumulée. Qu'y a-t-il de choquant à cela ?
Il n'est nulle part indiqué que les habitudes de consommation des patients atteints de cancer et il conviendrait de connaître ces chiffres pour savoir qui désinforme qui... L'alcoolisme en France, jusqu'à ces dernières années, est tout de même plus connue pour sa forme chronique (doses quotidiennes répétées) que pour sa forme aigüe (forte dose hebdomadaire).

Les auteurs ont eu l'honnêteté d'indiquer que les risques étaient multiples (page 8). Si l'on dit que ceux qui boivent moins, ont moins de cancer parce qu'ils ont une meilleure hygiène de vie, pourquoi ne pas considérer que boire un verre de vin par jour puisse impliquer qu'une telle consommation potentialise le risque de la voir associée à d'autres facteurs néfastes pour la santé ? Boire un verre par jour peut être corrélé à une consommation tabagique plus importante ou à des carences nutritionnelles augmentant les risques de cancer...

Cet article est admirable, mais comme toute oeuvre, il a ses limites :)

Dernière modification 21 avr. 2009 23:22
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A propos des liens des experts

Le Formindep dresse un constat sévère, mais intéressant, de la valeur de certaines recommandations de la Haute Autorité de Santé.

http://formindep.org/Des-recommandations

Des faits, des dates, des noms. Du factuel.
Est-il temps de réagir avant l'éclatement de la bulle ?


Dernière modification 22 avr. 2009 01:26
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1 300 000 personnes hospitalisées à cause de l'effet indésirables des médicaments ?

Bonjour,

Tout d'abord, je tiens à vous faire part de mon admiration pour votre courage, votre lucidité et la qualité de vos articles.

Ex journaliste sur Europe 1, Marc Menant déclare lors d'une interview : " 1 300 000 personnes hospitalisées dans le secteur public à cause de l'effet indésirables des médicaments ! ça fait quand même 10% des hospitalisations ! et, pour 450 000 d'entre elles, le cas est considéré comme grave !
18 000 personnes n'en réchappent pas."

Ma question : cette information est-elle fiable ? et si oui , comment en est-on arriver là ?

Boris

Dernière modification 15 mars 2009 08:33
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Remarquable

Excellent papier ! J'aimerais bien le reproduire sur mon site, avec la source, mais je n'arrive pas à vous joindre pour vous en demander l'autorisation

Dernière modification 20 févr. 2009 05:17
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Une très belle démonstration de l'emboîtement

Depuis quelques jours, on lit partout que boire un verre de vin par jour est cancérigène.

Diable.

Etonné par cette histoire, j'ai un peu creusé.

L'affaire vient du grand INCA en personne (Institut National du Cancer français), et de la Direction Générale de la Santé assistés une flopée de scientifiques. Le tout s'appuie sur une énorme bibliographie et un rapport d'allure respectable. Bref, ça a l'air bétonné et tous les journalistes ont repris en coeur l'information.

Voyons le rapport : http://tempsreel.nouvelobs.com/file/642367.pdf

En creusant, on trouve facilement l'erreur, qui est un cas typique d'emboîtement.

Il est précisé page 16, dans le tableau qui montre le risque attribuable à un verre par jour : "Significatif pour ces localisations. Une augmentation de risque de cancers de 10 % pour les sujets consommant un verre par jour correspond à un risque relatif estimé de 1,10. Une consommation d'un verre par jour correspond aussi bien à une consommation journalière d'un verre qu'à une consommation de sept verres une fois dans la semaine (pendant une soirée le week-end par exemple)."

Auparavant, on nous avait précisé que tout est calculé en "équivalent alcool". Un verre de vin rouge peut être en fait un verre de 3cl de Ricard pur.

Donc, les faits montrent un lien statistique entre une biture hebdomadaire au pastis ou à la vodka et les cancers de l'oesophage, et cela devient dans le résumé "Un ballon de rouge par jour donne le cancer".

Imaginez qu'un journal titre "Les coiffeurs mangent des enfants". Etonné, vous creusez un peu pour découvrir qu'en fait de coiffeurs, ces sont les mammifères en général et notamment les carnivores, dont font partie les coiffeurs, et que les bébés sont pris au sens large pour les jeunes animaux. Nous sommes exactement dans le même type de manipulation de l'information.

Indépendamment de ce raccourci audacieux, le lien causal est présenté comme "convaincant". Sachant qu'il n'y a aucune étude d'intervention, mais des liens statistiques bruts ou quelques études cas-témoin, ce "convaincant" est très exagéré. Il est tout à fait possible que les gens qui ne boivent pas du tout de vin mènent par ailleurs un vie plus saine qui explique leur moindre risque de cancer (sport, aliments bios et plus sains en général, moins de tabac, même si c'est censé être corrigé dans les études cas-témoin).

Bref, ces experts nous désinforment. Du fait de l'effet protecteur cardiovasculaire soupçonné du verre de rouge quotidien (sur des bases tout aussi floues), il n'est pas exclu que l'INCA et la DGS participent à une dégradation de la santé publique.

Dernière modification 26 févr. 2009 00:03
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Suite

Cependant, de tels programmes de réparation peuvent conduire un patient, par exemple, à un épuisement tel qu'il en vient à mourir, tout dépendant alors de l’état de son propre "terrain" (oxydation due au stress et d'autant plus fort que la situation conflictuelle a duré ou s’est reprogrammée durant une longue période) ; ici encore est précieux l'éclairage du célèbre et incontesté Pr Henri Laborit ("L'inhibition de l'action") :

"...la pathologie réactionnelle aiguë à une lésion, elle-même brutale et soudaine, dépend aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le "terrain" et qui nous paraît être l'état de la dynamique métabolique tissulaire au moment où elle s'installe. Cette dynamique elle-même dépend de toute l'histoire antérieure du sujet, c'est-à-dire de ses rapports historiques avec ses environnements.» (...). (Les guillemets sont de Laborit).

"Il paraît alors évident que pour faire une infection ou une affection néoplasique [Ndlr : cancer], il ne suffit pas d'un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi. On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement. Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l'individu qu'ils atteignent.(...) Contentons-nous maintenant de rappeler que les schizophrènes parvenus au stade de la démence, isolés du contexte social par leur folie, sont parmi les populations les moins atteintes par les affections cancéreuses, infectieuses et psychosomatiques (...).".

L'inventeur de l'antibiotique René Dubos écrivait dans son livre Mirage of Health (et traduit en français : "Mirage de la santé") :
"Les virus et les bactéries ne sont pas les causes des maladies, il s'agit d'autre chose."

Source de ce texte avec les liens internes : http://www.retrouversonnord.be/Sante_le_Figaro.htm#vaccins

Dernière modification 10 févr. 2009 11:28
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Cancer de l'utérus : on confond encore les pompiers et les pyromanes !

Le Dr Dupagne écrit ici "En médecine, de nombreuses stratégies paraissent consensuelles alors qu'elles sont très contestables et d'ailleurs contestées.
Récemment, un vaccin a été commercialisé pour diminuer le risque de cancer du col de l'utérus. Les données permettant d'établir l'efficacité de ce vaccin sont maigres face à un coût exorbitant et à des conséquences à long terme mal connues"

Voici les raisons pour lesquelles « Les données permettant d'établir l'efficacité de ce vaccin sont maigres »


A grand renfort de publicités tous azimuts, on en est même arrivé à concevoir et fabriquer récemment des (supposés mais pour sûr très lucratifs) vaccins contre le cancer du col de l’utérus, tablant sur le fait qu’ils auraient la propriété d'agir contre les multiples formes du papillomavirus humain (HPV) (prétendument), reconnu responsable chez la femme d'infections du col de l'utérus et, comme il fallait s’y attendre, avancé comme être à l'origine de l'apparition d'un cancer du col de l'utérus.

Comme on l’a maintenant démontré du côté des scientifiques en phase avec les découvertes de la Physique Quantique et de la psychobiologie moderne, les microbes et les parasites ne sont seulement actifs que dans la seconde phase des maladies (dite phase chaude en médecine chinoise) et donc pas dans la première phase (dite phase froide en medecine chinoise) où se déclarent et se développent des cancers. S'ils sont présents c'est que le sujet est en train de réparer (rappel : le cancer intervient dans la phase active, conflictuelle). Soutenir autre chose, c’est alors prendre encore les pompiers pour des pyromanes : cet écartement obstiné et surréaliste de la prise en compte du rôle prédominant et incontournable du psychisme sur le corps conduit alors à croire qu’on va pouvoir « vacciner » quoi et qui que ce soit, faire de savantes injections et traiter les effets, en prétendant éliminer les causes premières et sine qua non (psychiques) des maladies ! C’est comme si on s'attachait à retirer les pompiers des lieux d’incendie sous prétexte que, s’ils y sont présents en même temps que l’incendie, c’est qu’ils l’ont ipso facto déclenché et qu'en plus, leur départ entraînera, bien évidemment, la fin de l'incendie ! On observe que dans la plupart des cas, les traitements visant à éradiquer l’infection ne peuvent qu’au mieux la diminuer fortement (ce qui est évidemment un bien puisqu’il s’agit d’éviter épuisement qui peut être fatal du patient).

On a certes remarqué qu’il y avait davantage de femmes contractant un cancer du col de l’utérus chez celles qui étaient atteintes d’une infection chronique (HPV), mais on tomberait alors dans cet autre piège qui y détecterait un fallacieux lien de cause à effet : une telle infection persistante témoignait en fait de résolutions successives de situations conflictuelles (à répétition, en balance ou se reprogrammant) et trouvant leur traduction symbolique dans la zone génitale. Celles qui finissaient par contracter un cancer du col de l’utérus souffraient en fait d’une situation conflictuelle d'une importance telle, qu’elle s’est alors somatisée en cancer.

Cependant, un facteur rarement pris en compte, reste encore décisif dans l'apparition de tels cancers : certaines n’auront développé qu’un herpès génital, voire une simple gêne localisée, vu la présence d’un "terrain", au sens large, nettement moins encombré. (Cf. cette relation d'une autoguérison.) On aura compris que vouloir à tout prix éradiquer l’infection ne permet en rien de solutionner ce qui a été en fait programmé psychiquement : la vie risque alors de resservir les mêmes plats, mais de plus en plus épicés ! Agir ainsi c'est lire de travers la chaîne temporelle des événements !

Car nous savons maintenant que c'est le cerveau qui, en tant que centrale de commande, utilise les virus, les bactéries, les mycobactéries ... comme "ouvriers thérapeutiques" ou "saisonniers" (comme le démontré à juste titre le Dr Hamer) en analogie avec ce qui se passe dans le secteur de l’agriculture ; ces travailleurs utiles n'interviennent que s'il en ont l'autorisation de la part du cerveau (sinon comment expliquer que de tels prétendus agresseurs ne s'en prennent alors qu'à une région circonscrite du corps, alors que via le canal de la circulation sanguine, qui leur permet de voyager partout, ne les empêchent pas d'aller infecter d'autres régions du corps !


>>>>

Dernière modification 10 févr. 2009 07:34
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"Le langage de la guérison : histoire d’une révolution scientifique dans le domaine de la médecine"

Jean-Jacques Crèvecoeur a fait parvenir, le 22 décembre 2000 sur le forum de pansémiotique-psychosomatique (sur Yahoo Groupes) la première version, plus courte, de l’article qui suit. Il l’avait rédigé pour en faire la communication au colloque « Science et Conscience » à Annecy (mai 2000). Il m’a envoyé, fin mai 2004, la version plus étendue, qui suit pour la mettre sur ce site (Retrouver Son Nord). Ce texte reprend le titre de l’un de ses remarquables ouvrages : « Le Langage de la Guérison » (Ed. Jouvence) ; je vous invite à le lire aussi : il est aussi passionnant que ce qui suit ; en plus, c’est écrit dans un langage clair, précis et compréhensible même par des adolescents.

En voici le début :

" « Il est plus facile de désintégrer un atome que de changer une croyance » disait Einstein. En effet, tout individu a tendance à consacrer plus ou moins d’énergie à résister au changement et à la nouveauté, on le sait depuis longtemps. C’est valable pour les individus. Ce l’est encore davantage pour le monde scientifique, qui ne pourra jamais accueillir les nouvelles théories, car celles-ci représenteront toujours une perte de pouvoir, d’argent et de prestige pour ceux qui s’y sont installés.

Quand j’ai entamé mes études en sciences physiques, j’étais convaincu que j’allais rejoindre la cohorte glorieuse de ces hommes et ces femmes qui consacrent toute leur vie à la recherche désintéressée de la vérité et de la connaissance, dans le but d’apporter le bien-être à l’Humanité toute entière. Je pensais, à l’époque, que la démarche scientifique se fondait uniquement sur des faits objectifs et recherchait inlassablement à établir des liens observables de cause à effet entre différents facteurs. Je croyais aussi que l’attitude des chercheurs se caractériserait par l’ouverture, le dialogue, la remise en question permanente des hypothèses, l’acceptation de la confrontation des opinions. Après y avoir consacré 5 ans de ma vie, je décidai de quitter ce monde. Heureux d’avoir été formé de manière rigoureuse et critique par des enseignants exceptionnels. Déçu de l’intolérance, de la fermeture, des fraudes, de la course aux publications, de l’asservissement des scientifiques à l’égard de leurs pourvoyeurs de fonds. Je ne me doutais pas, alors, que la bagarre était encore plus impitoyable et violente dans le monde médical, censé être au service de la vie et de la santé."

La suite : http://www.retrouversonnord.be/langageguerison.htm

Baudouin Labrique, psychothérapeute

Dernière modification 9 févr. 2009 04:46
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A propos du Dr Knock

Si le docteur Knock , héros de Jules Romain n’est pas un bon médecin, c’est qu’il manipule dans un but lucratif, la parole de ses patients. Incarnant à lui tout seul le « tout » du savoir médical, Knock joue avec son semblant de savoir face à une réalité angoissante qu’il crée de toute pièce à son seul profit . Créant de la surprise dans des vies sans surprise, le regard que porte Knock sur le corps de ses patients y fait apparaître l’angoisse que les rites et la tradition maintenaient refoulée. De nos jours pourtant, une des phrases de Knock pourrait faire slogan « ce que je veux avant tout c’est que les gens se soignent ». L’œil de la médecine, aidé par l’imagerie médicale, le TEP scan en particulier, rend maintenant visible les secrets les plus terribles de la maladie. Alors que ces secrets étaient refoulés et ne faisaient l’objet que de cauchemars de corps morcelés, devant les images radio numérisées, les mots ne suffisent plus pour rassurer, car la vérité peut être chiffrée ! De ce corps morcelé, il subsiste pourtant un reste donnant forme à l’angoisse à laquelle le médecin se trouve confrontée.
Le bon médecin, représentant de la science médicale, soumit à un Ordre, n’est pas loin de se retrouver dans la même situation qu’Œdipe roi, qui, après avoir tenté de déjouer l’oracle en passant avec succès l’épreuve de la sphinge, se trouve confronté, après une enquête minutieuses sur les causes du mal qui frappe la cité, à l’horreur d’un réel *qu’il ne soupçonnait pas au début de ses études*. L’évocation de la pièce de théâtre de Jules Romain était là pour nous rappeler *le choix capitaliste* que Knock introduit dans le champ de la médecine ainsi que *la plus‐value de la jouissance* qui est attachée aux symptômes. La leçon qu’il faut tirer de Knock est que, là où la société pensait qu’un espace sacré, celui de la santé, serait préservé par un ordre symbolique, le réel de la jouissance ressurgi avec sa tentation permanente d’un plus-de-jouir responsable des discours euphémistes actuels sur la souffrance.

Dernière modification 3 mars 2009 13:59
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