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Fleuve côtier

Notion de géographie

De la difficulté de définir un fleuve côtier.


Un fleuve côtier est un cours d'eau aboutissant à la mer et dont la source se trouve à proximité du littoral.

Il s'agit de la définition habituelle donnée par les lexiques d'ouvrages de géographie ou par les encyclopédies et dictionnaires [1]. Cette définition est donc imprécise et renvoie à deux concepts qu'il convient de cerner.

Le premier concept est celui de fleuve qui désigne un cours d'eau se jetant dans la mer ou éventuellement dans un système maritime ou lacustre endoréique (comme la mer Caspienne dans le premier cas ou le lac Eyre en Australie dans le second) voire au milieu d'un espace désertique comme l'Okavango en Afrique australe - en aucun cas dans un autre cours d'eau ou un lac disposant d'un déversoir [2]. Le nom de fleuve ne dépend pas (dans l'acception française) de la longueur et/ou de la puissance d'un cours d'eau mais du milieu dans lequel il débouche - ainsi la Veules avec une longueur de 1,2 km est un fleuve car elle se jette directement dans la Manche (en Seine-Maritime) et l'Irtych, avec ses 4 248 km, est une rivière car il n'est qu'un affluent de l'Ob [3]. Dans l'esprit de nombreuses personnes, un fleuve correspond à un puissant cours d'eau et une rivière, au contraire, à un plus petit. La notion de fleuve côtier essaie de tenir compte à la fois d'un exutoire maritime et d'une taille relativement réduite du cours d'eau (le nom de fleuve étant finalement réservé à des organismes puissants).

Le deuxième concept est celui de la faible distance séparant la source de l'exutoire ou embouchure, plus simplement de la longueur du cours, toutefois cette dernière n'est jamais précisée. Le classement d'un cours d'eau dans la catégorie des fleuves côtiers relève donc de l'empirisme, de l'approximation et...de l'habitude. Une observation des terminologies employées pour les cours d'eau français dans les différents dictionnaires, encyclopédies et ouvrages spécialisés permet de placer la limite à environ 200 km ; en-deçà de cette longueur, le cours d'eau est qualifié dans la plupart des cas de fleuve côtier (exemple de l'Orne, 170 km), au delà, il reçoit le nom de fleuve (exemple de l'Aude, 224 km) [4].

Un fleuve côtier peut ainsi être défini : cours d'eau se jetant dans la mer (ou dans un système endoréique) dont la longueur n'excède pas 200 kilomètres.

Avec un cours long de 72 km, la Bresle est un fleuve côtier typique, ici à Bouvaincourt-sur-Bresle
 dans le département de la Somme (Photo Hervé Bertin, licence  CC-BY-NC-ND)

Références

  1. Dans les dictionnaires, comme le Larousse, il faut combiner les définitions du nom fleuve et de l'adjectif côtier pour aboutir à l'appréhension du terme.
  2. Roger Brunet, Robert Ferras, Hervé Théry, Les mots de la géographie, Coll. Dynamiques du territoire, La documentation française, 1997 (ISBN | 2110030364), voir l'article Fleuve.
  3. Chez les anglo-saxons, seule l'importance entre en jeu dans la dénomination d'un cours d'eau ; il est ainsi possible de distinguer un cours d'eau d'importance moyenne ou grande (river) d'un de faible longueur (creek). Toutefois, le critère de distinction entre les deux catégories n'est pas déterminé avec précision (nombre de kilomètres, débit moyen).
  4. Il n'existe pas de fleuve français de longueur intermédiaire entre les deux cours d'eau cités donc la limite des 200 km résulte d'une approximation et d'une certaine logique.

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Hervé Bertin
Hervé Bertin
Prof d'histoire-géographie
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