Avocat

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L'avocat est un professionnel du droit qui conseille ses clients sur des questions juridiques et/ou qui les défend devant les juridictions en les représentant.

Si la fonction d'avocat remonte à Rome, la profession n'existe qu'à compter de l'ordonnance de Philippe de Valois de 1327 qui créé le tableau des avocats. Les avocats sont alors principalement des ecclésiastiques qui, seuls, connaissent le droit notamment romain. L'avocat prête d'ailleurs serment en jurant sur les saints Évangiles et a droit au titre de "Maître".

Comme les plaidoiries d'un avocat se déroulent derrière une barre, ou barreau, ce mot finit par désigner la collectivité des avocats. Mais ce n'est que sous l'instigation de Louis XIV qu'apparaît l'institution de l'Ordre des avocats, avec à sa tête le Bâtonnier. Le nom de ce dernier lui vient de ce qu'il portait un bâton à l'effigie de saint Nicolas ou saint Yves, patron des avocats.

Sous la Révolution française, le décret du 2 septembre 1789 interdit aux avocats de "former ni ordre, ni corporation" et leur interdit également le port d'un costume particulier. La profession est donc supprimée, au profit de la profession d'avoués, alors nouvellement crée. Cependant, certains s'entêtent et continuent d'assister bravement des accusés traduits devant le Tribunal criminel révolutionnaire.

Si Napoléon prend une loi du 13 mars 1804 qui rétablit la profession d'avocat, il s'en méfie et par conséquent, donne pouvoir au Procureur général de nommer le Bâtonnier et les membres du Conseil de l'Ordre.En outre, les avocats ne récupèrent pas le droit de représenter les parties, tâche dévolue aux avoués, mais peuvent simplement plaider librement aux côtés d'un avoué.

S'ensuivra une période qui verra les avocats récupérer, petit à petit, leur autonomie d'antan. C'est ainsi que le décret du 14 décembre 1810 rétablit le tableau des avocats, tandis que l'ordonnance royale du 27 février 1822 octroie à nouveau le monopole de la plaidoirie aux avocats, autrefois partagée avec les avoués.
Enfin, en 1830, Louis-Philippe rétablira le droit des avocats de choisir leurs représentants. La profession s'est à nouveau affranchie de la tutelle des pouvoirs publics.

En ce XIXe siècle, l'avocat se transforme pour devenir une figure publique, briguant des fonctions politiques. La Troisième République, surnommée la République des avocats, les voit s'infiltrer aussi bien dans le gouvernement qu'au parlement.

Le XXe siècle verra d'autres transformations qui rompront définitivement avec la tradition : tout d'abord, en 1900, une loi autorise les femmes à exercer le métier d'avocat. Ensuite, la profession, jadis aux mains de notables fortunés, qui ne facturaient pas leurs clients, mais se faisait gratifier d'un "honoraire" c'est-à-dire d'une somme d'argent versée spontanément en remerciement du travail effectué, se trouve en proie à des contraintes économiques et se tourne vers la facturation, devenue obligatoire pour faire face à des charges sans cesse croissantes.

Également s'impose le principe que l'avocat peut plaider et représenter son client en justice, là où le ministère de l'avoué n'est pas obligatoire. Toujours dans un souci de professionnalisme, un certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) est créé en 1941.

L'année 1954 voit la possibilité pour les avocats d'exercer sous forme d'association tandis que la loi du 31 décembre 1971 et le décret du 9 juin 1972 sonnent le glas de la profession d'avoué de première instance qui disparaît ou plus exactement, qui fusionne avec la profession d'avocat. Cette fusion donne naissance aux premières sociétés civiles professionnelles. Les conseils juridiques fusionneront également avec la loi du 31 décembre 1990.

Au fil des siècles, la profession d'avocat a donc profondément muté. De l'ecclésiastique féru de droit romain au prestataire de services contemporain gérant son activité professionnelle en véritable chef d'entreprise, en passant par l'orateur public au destin politique, le grand écart apparaît périlleux. Mais l'avocat d'aujourd'hui n'a pas tourné le dos à son ancêtre. Il s'est adapté aux évolutions de la société dans laquelle il exerce tout en maintenant un lien profond avec ses origines. Le serment professionnel qu'il prête, sa déontologie, sa robe, son indépendance et son Ordre restent les garants d'une richesse intellectuelle et d'une intégrité morale que les mutations ont su conserver intactes.

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Jean Baret
Jean Baret
Avocat au Barreau de PARIS - Docteur en droit
3, boulevard de Sébastopol 75001 Paris
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