Ben-Ghou-Bey surnommé parfois "Le maître des Mâitres" excelle dans l'art du fakirisme. Aucun trucage, aucun bluff , tout est rigoureusement vrai. Pendant plus de 30 ans, Ben-Ghou-Bey étonna le monde du spectacle avec un numéro unique où il démontrait avec une incroyable dextérité les pouvoirs de l'esprit sur le corps. Ben-Ghou-Bey est un véritable chercheur sur l'influence du psychique sur le physique.
Il participa à plusieurs programmes de recherches sur le corps humain à l'Université de Psychologie de Tübingen et fit grandement avancer les recherches sur les endorphines.
Le résultat de ses recherches furent publiées en 1982 par Elsevier/ North Holland Scientific Publisher et résumées dans le livre « SCHMERZ » du Prof. Wolfgang Larbig aux éditions Kohlhammer.
Les fakirs,
Dans un domaine comme dans l’autre, les photographies, aussi belles soient-elles ne prouvent absolument rien. Les plus connus ne sont pas forcément les meilleurs. Loin de là ! Et pour continuer la comparaison, il sera facile d’affirmer que ce ne sont pas toujours les plus vantés et publicités qui sont de véritables professionnels.
A l’aide de cet article, je vais essayé de faire comprendre à mes lecteurs, ce qu’est un véritable fakir. Non pas à des fins publicitaires, mais afin que le public cesse de se faire berner et soit pris pour ignorant. Je rédige également ces quelques lignes en hommage à mon père, le fakir Ben-Ghou-Bey, qui, tout au long de sa carrière, démontra avec brio les fabuleuses possibilités du corps humain.
Fakir . Les définitions des dictionnaires sont aujourd’hui plus ou moins celle-ci : Fakir n. m. 1. Ascète musulman ou hindou se livrant à des mortifications publiques et vivant d’aumônes.
2. Homme qui se livre publiquement à des exercices et des tours de magie; prestidigitateur..
Les réels fakirs se faisant de plus en plus rares, les définitions se sont adaptées petit à petit dans le temps.
Malgré cela, dans le plus profond de notre pensée, un fakir est bien autre chose qu’un mendiant musulman ou un prestidigitateur. Tous ceux qui veulent se prendre pour tel mettent en avant de fabuleux pouvoirs surnaturels. Et c’est cela la principale image véhiculée par ce mot : fakir
« Fakir » s’agirait en fait d'un mot désignant un homme versé dans la connaissance de la loi divine (ar. faqīh, v. alfaqui)
Sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales nous pouvons trouver cette définition.Étymol. ET HIST. − 1752 (Trév.).
La forme alfaqui est empr. à l'esp. alfaquí « docteur ou prêtre musulman », attesté dep. ca 1300 (Gran Conquista de Ultramar, d'apr. Cor. t. 1 1954), de l'ar. al faqîh « théologien et jurisconsulte ». La forme alfaquin est empr. à l'esp. alfaquín, d'abord « médecin musulman » dep. 1256-76 (Libros del Saber de Astron., éd. Rico y S., t. 1, p. 206, d'apr. Al. 1958) puis « prêtre musulman » dep. 1527 (B. Villalba, éd. Bibl. esp., XXIII, II-280, ibid.), de l'ar. al hakîm « sage, spécialement philosophe ou médecin », dér. de la racine h − k − m « savoir »
(d'apr. Cor., loc. cit.).
Et c’est probablement cette dernière racine : Savoir , qui défini mieux que tout autre ce qu’est un véritable fakir . Le savoir et la connaissance.
Avant tout et comme on le fait très souvent, il ne faut pas confondre, Fakir et illusionniste. De même, il ne faut confondre illusionniste et charlatan.
L’illusionniste fait paraître vraies, des choses fausses. Mais, il ne cache pas que ceci n’est « qu’illusion ». Son art consiste à tromper notre sens de l’observation.
Le charlatan emprunte des astuces à ces derniers mais trompe une seconde fois le public en affirmant la véracité de ses petits tours.
Très souvent, chez ces êtres sans scrupules, le mensonge devient si familier, si journalier qu’ils arrivent à se créer un propre monde de fantaisie entièrement artificiel. A tel point que la mégalomanie ou la folie pure s’installe dans leur esprit fragile. Non contents de tromper leur public, ils arrivent à se convaincre eux-mêmes de leur pouvoirs !
L’esprit, c’est justement la partie forte du véritable fakir. Il ne trompe pas son public. Les actes qu’il réalise sont véritables. C’est une personnalité forte et stable et surtout conscient des limites de son savoir. L’humilité et la sincérité vont de paire avec le véritable fakir. Car, le moindre mensonge, la moindre illusion ou la moindre erreur dans son jugement peuvent lui être fatal. Pour vaincre les défis qu’il s’impose, le fakir ne peut à aucun moment penser qu’il est supérieur, tout puissant et invincible. Au contraire. Il n’a pas non plus de dons « paranormaux » ou surnaturels. Au contraire, il connaît la nature mieux que personne et travaille avec elle.
Ben-Ghou-Bey avait l’habitude de dire : « Ce que je fais, tout le monde peut le faire.»
Le fakir ne se considère pas comme un être supérieur. Il ne garde pas jalousement ses « secrets ». Il aime partager son savoir avec autrui et apporte les bienfaits de ses connaissances au plus faible.
Pour être un homme hors du commun, il faut une volonté hors du commun. Marcher est pratiquement à la portée de tous. Courir est déjà plus difficile. Gagner un marathon demande du travail et de la volonté. Le fakirisme n’échappe pas à cette logique.
Comment est-il possible que de nos jours un hurluberlu en pantalon bouffant, un pansement sur la tête et un « terrible » python ou boa sur l’épaule puisse se présenter au public comme fakir ? Le public est-il vraiment aussi ignorant ?
Quel contrôle mental, quel puissance spirituelle, Mon dieu quel prodige !
Peut-on m’expliquer où est le tour de force miraculeux ?
Il n’est pas rare de voir des publicités de spectacle où le même homme fait office de clown, jongleur, femme à barbe, acrobate, mage, télépathe, fakir etc… Ben voyons ! Que du sérieux.
Ne surtout pas penser que le vrai fakir est insensible à la douleur. Non, il ressent la douleur comme tout le monde. Son véritable travail consiste en la contrôler. C’est là tout son art et son mérite. Lorsque je dis qu’il ressent la douleur comme tout le monde, il nous faudra ouvrir une parenthèse. Plusieurs affections ou maladies rares peuvent rendre à plus au moins haut niveau insensible à la douleur. Nous pouvons commencer à citer le diabète avec les polyneuropathies diabétiques, puis la Neuropathie radiculaire sensitive, l'insensibilité congénitale à la douleur (maladie dans laquelle le patient ne possède pas de récepteurs à la douleur (les nocicepteurs), l'asymbolie ou syndrome de l'homme sans douleur. Toutes les personnes affectées par ces atteintes ne sont pas des « fakirs » A continuation un article sur ce sujet . Ce cas est doublement intéressant car le sujet est pakistanais. Pays voisin des Indes , qui, dans la croyance populaire, est la terre de prédilections des « fakirs ». Comme quoi, une fois encore, il ne faut pas toujours croire ce que l’on voit.
Panorama du Médecin, 18 décembre 2006 - En étudiant le cas d’un enfant pakistanais atteint d’une maladie génétique rare le rendant totalement insensible à la douleur, une équipe de Cambridge* a ouvert une nouvelle piste dans le traitement de la douleur. Comme il ne ressentait pas la moindre douleur, ce garçon - mort en tombant d’un toit - gagnait sa vie en se plantant des lames de couteaux dans le corps et en marchant sur des braises ardentes. Les chercheurs ont eu l’idée d’étudier six autres enfants, issus de trois familles apparentées, n’ayant jamais éprouvé de douleur mais capables de distinguer le chaud du froid et d’avoir des sensations au toucher et à la pression. Ils ont alors découvert qu’une mutation d’un gène, le SNC 9A, commune aux sept enfants, était la cause de l’insensibilité à la douleur. Cette modification altère le fonctionnement d’un « canal sodique spécifique », appelé Nav 1.7 qui constitue une sorte d’interrupteur de cellules nerveuses situées à la périphérie du corps. Normalement, ces neurones nociceptifs réagissent à la douleur en envoyant un signal transmis au cerveau via la moelle épinière. Quand le gène en question est muté, le cerveau ne reçoit pas le signal électrique d’alerte douloureuse. Le gène SNC 9A joue donc un rôle essentiel dans la perception de la douleur par l’intermédiaire du Nav 1.7 dont il commande la production. Selon la mutation, il amplifierait la sensation douloureuse ou, à l’inverse, la supprimerait. Dans le premier cas, c’est une maladie héréditaire, l’érythromélalgie. Le deuxième cas est représenté par ces familles pakistanaises. Selon les auteurs, l’existence de différentes formes du gène pourrait aussi expliquer les différences de perception de la douleur entre individus.
A suivre car la mise au point de nouveaux anti-douleurs pourrait découler de ces recherches.
*James Cox et Geoffrey Woods. Etude publiée dans la revue britannique « Nature » du 14/12/2006.
Tous les individus ne ressentent pas la douleur de la même façon, ni au même degré. Le simple fait de voir un individu se traverser telle ou telle partie du corps avec une épingle, ne peut apporter d’information suffisante pour le qualifier e fakir. Egalement, tous les individus n’ont pas la même volonté de résistance devant une atteinte corporelle. Ce qui fera hurler de douleur un sujet peut être ressenti comme une simple égratignure par d’autre. Il sera donc très difficile à un public non averti de juger la qualité du travail de fakir. Par contre le sujet qui ressentira plus forte cette douleur peut avoir une résistance supérieure à celui qui apparemment ne sent rien. Ce dernier sujet, apparemment plus costaud, peut tomber dans les pommes au moment où la douleur sera plus forte que celle d’une égratignure.
Il ne faut donc pas se laisser influencer par les apparences et faire un effort de jugement. De même, une simple prise de conscience permettra s’apercevoir que se percer les joues ou le biceps avec une aiguille ne représente ni un exploit surhumain ni un danger insurmontable. A ce moment là, tous sommes des fakirs au moment d’une prise de sang.
Les apparences peuvent être extrêmement trompeuses. En effet, lorsque l’on observe un homme se traverser telle ou telle partie du corps , se mutiler volontairement lors de fêtes religieuses, telle le Taipusan, il faut avoir prendre en compte les choses suivantes : Cet homme en face de vous est très certainement complètement « défoncé » et drogué jusqu’à la moelle. Les pays où se situent ce genre de festivals, sont justement les rois pour la consommation de drogues artisanales en tous genres. Que ce soit tisanes, onguents, décoctions , ou tout simplement les drogues connues chez nous comme la cocaïne, héroïne etc…
Ces festivités font de bien belles photos pour les touristes et marqueront leurs esprits à jamais. Ils penseront alors avoir vu de véritables fakirs, là-bas, dans ce pays exotique. Toutefois, ce que l’on oublie de montrer, c’est l’état du petit malin le lendemain. S’il meurt des complications n’est jamais mentionné !
De plus, lors de ces festivals de « sacrifice et pénitence », en admettant encore que le sujet ne soit pas drogué à mort, si nous observons bien, nous pourrons voir que les faits présentés sont bien souvent plus spectaculaires que dangereux.
Beaucoup de grelots, déco, clochettes, fruits et fleurs, mais pas de véritable travail de fakirs. De plus, le fait d’avoir le courage, ou l’inconscience, de faire ce genre d’exercice un fois par an ne représente absolument les possibilités développées par les véritables fakirs.
Il fut un temps, les « suspensions » étaient une spécialité de ces pays comme les Indes où, une fois encore, impressionnés par le spectaculaire, les touristes revenaient persuadés avoir vu un « fakir ». Peut-être Oui, mais très certainement Non. Comme, je l’ai déjà mentionné, admettant que le sujet ne soit pas sous l’influence d’une drogue,
De tout temps et par des pratiques diverses, les hommes et aussi les femmes, ont tenté prouver leur force, aussi bien physique que spirituelle. Par ces exercices, à plus ou moins haut niveau, ils espèrent atteindre la science développée par les réels fakirs. Par cela, ils veulent démontrer que ce sont des « dur à cuir » . Faits dans cet esprit là, les exercices, quel qu’ils soient, n’ont aucune réelle valeur. C’est agir afin de prouver sa supériorité sur les autres et ceci n’est pas le but du fakir. Le véritable objectif du fakir n’est pas de jeter de la poudre aux yeux de l’innocent, sinon la recherche du savoir. Son objectif n’est pas non plus meurtrir ou porter préjudice à son corps par des pratiques inconscientes à tendance masochiste ou à la limite du suicide. Ce genre de démonstration est bien souvent un signe de faiblesse plutôt que de force ou de pouvoir. Les animaux grimaçants ou gesticulant ( le petit roquet ) pour se rendre plus terribles aux yeux de ses adversaires usent du même stratagème. De nos jours, la faiblesse d’esprit étant telle que nous voyons ressurgir dans nos sociétés tous les signes habituellement attribués aux gens primitifs. D’où la mode du tatouage, piercing, scarification, suspension etc .
Il existe un certain nombre d’exercices impressionnants au premier abord, ou pour le public non averti et qui ne sont en fait pas si terrible qu’ils en ont l’aspect. Ce sont des exercices que la plupart de nous penserons être incapables de réaliser. Cette crainte et cette méconnaissance, portent préjudice à notre jugement et notre bon sens. Un avaleur de sabre n’est pas obligatoirement un fakir. Certes, il faut avoir un certain contrôle de soi pour se mettre un objet dans la gorge jusque dans l’estomac, mais les aliments font le même trajet tous les jours. Un cracheur de feu non plus n’est pas un fakir. Toutes ces pratiques ne sont pas sans danger mais ne nécessitent aucun pouvoir miraculeux ni même de fakir.
Outre les définitions communes que nous pouvons trouver en ce qui concerne le terme : fakir, il existe derrière ce mot une image bien plus subtile. Le fakir ou celui que nous considérerons comme tel d'après notre vision des choses, est avant tout un homme. Il n'est pas "surnaturel". Cependant, sa recherche spirituelle le conduit à réaliser des actes qui, pour le profane, semblent tout droit tirés d'un conte des milles et une nuits.
Lorsque nous parlons de recherche spirituelle, il ne faut pas exclusivement entendre par là, que ceci a des fins religieuse. Certes, l'image très fréquemment véhiculée est celle de fidèles ou fanatiques se mortifiant le corps en hommage à un Dieu. Il est vrai, que les actes alors réalisés par ces hommes s'apparente au travail du fakir. Le fakir Ben-Ghou-Bey, n'était ni religieux, ni fanatiques et encore moins fou.
Par recherche spirituelle, nous entendons la recherche de l'esprit. Ses propriétés et l'emprise qu'il peut avoir sur notre corps physique.Le véritable fakir, ne cherche pas à mutiler son corps et n'a aucune tendance masochiste ou suicidaire. C'est avant tout un sage qui cherche à comprendre les lois de la nature. Il travaille avec ces dernières et cherche à repousser les limites de la mort. D'où ces exercices qui seraient bien souvent mortels pour la plupart d'entre nous et dont le véritable fakir ressort indemne et souriant.
Le simple fait de savoir cela, nous aide à comprendre qu'un fakir comme nous l'entendons, même si les définitions d'un dictionnaire disent le contraire, n'est donc pas forcément hindou ou oriental. Tout homme avide de connaissance, quelle que soit sa nationalité, peut donc être fakir. Ben-Ghou-Bey, s'appelait Léon Goubet et est né à la Verpillière dans l'Isère. Un autre fakir, considéré comme tel par mon père était également de la région de Lyon. Son nom de famille : Boucher ( pour un fakir c'est limite ! ) bref ! Son nom de scène : Kirokaya.
Voir une fois un "fakir" sur une scène de spectacle n'est pas totalement suffisant pour permettre juger ses réelles capacités. Ceci même en ayant exclus d'emblée tous les charlatans reconnaissables au premiers coup d'oeil. En effet, une simple comparaison permettra de comprendre. Assister à une Messe, même bien "bidouillée" ne nous permettra pas de savoir si nous avons vraiment à faire à un prêtre digne de ce nom ou à un pédophile et un escroc. Le discours peut être le même mais...
L'habit ne fait pas le moine, et le turban ou le pagne encore moins le fakir. Il faut avant tout savoir ce qui se cache derrière les apparences qui, comme chacun le sait, peuvent être très trompeuses. Aidant à cela, il faut bien admettre que le spectacle n'est avant tout que du show biz. Il est clair, que le spectateur ne peut pas approfondir les faits depuis son fauteuil. C'est un peu pourquoi, je rédige ces lignes. Les quelques rares photographies de mon père, le fakir Ben-Ghou-Bey, que vous pouvez apprécier dans cet article, ne représentent en fait que les expériences réalisées au cours de ses spectacles. Ce n'est qu'une simple démonstration des facultés développées par ce travail de fakir. Un homme résistant à la douleur, avec beaucoup de courage ou d'inconscience peut faire exactement la même chose. Du moins en apparence. Rappelez-vous ce que je dis un peu plus haut au sujet de la Messe et du curé. Dans ce métier, si nous pouvons le décrire ainsi, il y a eu des "fakirs" qui réalisaient sur scène les mêmes actes mais qui, n'avaient en rien les facultés d'un fakir. En d'autres termes, ils "serraient" les dents et vas-y que je m'embroche !Plus d'un a fini au cimetière avant l'heure.
Voulant toujours épater la galerie , l’inconscient arrive donc tôt ou tard à se tuer. De plus, tout costaud qu’il puisse être, le fait de ne pas être un vrai fakir, ne lui permet pas de pouvoir réaliser ces actes ne nombreuses fois répétées. Surtout dans la même journée. Le vrai fakir, lui, pourra produire les mêmes expériences plusieurs fois de suite et ce, dans les mêmes endroits. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, passer un instrument dans les chairs en choisissant les mêmes endroits ne facilite en rien la tâche. Non ,ce n’est pas comme le lobe de l’oreille ! Observation trop souvent écoutée parmi ceux qui veulent toujours faire croire qu’il connaissent et tentent rabaisser l’importance du fait. Il n’y a pas de drain non plus. Le travail du vrai fakir est bien plus subtil, et c’est justement cette partie que le public ne peut pas savoir en simplement regardant le spectacle depuis son fauteuil. Non, le fakir, comme l’était Ben-Ghou-Bey fait cicatriser ces plaies à l’aide de sa volonté. Celles-ci se referment alors à une vitesse bien supérieure à la « normal ». Même provoquée par la lame d’un fleuret d’escrime. Mon père comptait à peu près une demi heure pour le flanc et à peine quelques minutes pour la langue. Non, ce n’est pas de la science fiction mais seulement du fakirisme.
Cet acte qui peut paraître « magique » sert en parti à éviter les infections. Une plaie ouverte, et il n’y a pas besoin d’étudier la médecine pour le savoir, est un danger potentiel. Surtout si celle-ci s’éternise aussi bien dans le temps que dans l’emplacement. Il est encore nécessaire préciser que le monde du spectacle, n’est pas exactement l’endroit idéal pour soigner une plaie. La propreté n’a rien à voir avec celle d’un hôpital.
Sur une scène de spectacle, nous pourrons donc voir toute une "brochette" de fakirs ( si je peux me permettre ce jeux de mots) Nous allons essayer d'en donner un bref aperçu. Tout d'abord, nous trouverons celui qui croit avoir réalisé un exploit en se perçant les joues avec une aiguille de faible diamètre. Rappelons que le diamètre de l'instrument est très important au point de vue douleur. Il peut également se transpercer le biceps, la peau de la gorge ou du ventre. Oui, il faut un certain courage mais guère plus que d'aller au médecin pour se faire faire une injection. Toutefois, les endroits de spécialement choisi afin de ne pas atteindre une veine ou une artère. Vient aussi, la fameuse planche à clous. Avec 3000 clous au centimètre carré, le danger et la douleur sont absent. Un peu de connaissance en physique et vous ne serez plus étonné du tout. Bien sur, le verre pilé, une prétendue catalepsie entre deux chaises, la marche sur les braises etc...
Tous ces actes peuvent être véridiques ou grossièrement truqué en profitant de la crédulité du public.
Il peut également se trouver un sujet qui a une grande tolérance naturelle à la douleur, ( un trouble pathologique, appelé insensibilité congénitale à la douleur (ICD) C'est assez rare, mais cela se trouve.) Toutefois, ce sujet aura les même problèmes que quiconque s'il perce une artère ou un veine importante. Sans compter les risques d'infections et problème de cicatrisation.
Nous aurons aussi, le vrai "fakir" qui aura disons trouvé la voie de supprimer la douleur par sa volonté, mais qui subjugué par cette possibilité aura tendance à se prendre pour un Dieu vivant invulnérable et qui abusera de cette faculté sans vraiment en avoir la maîtrise. Le fameux hollandais Mirin Dajo semble être de ceux-là. En effet, le simple fait de se faire transpercer par une personne étrangère, prouve l'inconscience du sujet. Vas-y que je suis invulnérable ! Le fakir digne de ce nom, n'est ni invulnérable ni imprudent. Dans ce cas, ce n'est plus de la science mais du suicide.
Le vrai fakir ne résiste pas à la douleur mais l’annihile dans sa totalité. Aucun signe de douleur ne sera visible sur un électro-encéphalogramme. D’où vient ce prodige ? Mystère. Ou du moins, les explications pourront variées. La production volontaire d’onde Theta, propre à la relaxation profonde, l’augmentation d’endorphine etc . tous ces faits sont analysables en laboratoire mais n’expliquent pas en soi le processus déclenché par le fakir. Ce ne sont que des constatations. Si nous écoutons maintenant la voix du « fakir » et non celles des savants ayant participés à ces contrôles, celui-ci nous donnera une explication qui peut paraître plus simpliste mais diablement efficace. Selon lui, l’esprit abandonne en partie le corps et ce dernier n’étant que chair ne ressent pas la douleur. Le champs de recherche à approfondir serait alors le fait que l’être humain est bien constitué de deux choses distinctes. Le corps et l’esprit. Malheureusement, aucune réelle investigation en ce sens n’a vu le jour. Car, si l’on garde cette idée, la science considère que nous débordons dans le champs du mystique et du « paranormal ».
Dans le cas Ben-Ghou-Bey, celui que je connais le mieux et que j’ai pu observer à ma guise dans l’intimité familiale, (Je suis son fils, je le rappelle) il est à noter que papa était une personne extrêmement sensible. Pour ne pas dire « douillette ». Il suffisait pourtant de quelques secondes de concentration pour que le fakir refasse surface et puisse affronter sans la moindre gêne les pires tortures. Visiblement, une fois sorti de sa transe, la douleur ne revenait pas instantanément. En effet, il semble que l’endorphine produite dans cet état particulier, continuait à produire sont effet analgésique et se résorbait graduellement. Le corps ne montrait aucun signe d’irritation, d’enflure aux endroits meurtri.
La plupart des « fakirs de champs de foire » utilise des instruments de faible diamètre. Ceci limite l’effet douloureux ainsi que le saignement. De plus, pour la pénétration les endroits sont soigneusement choisis afin d’éviter toutes artères ou veines importantes. De la même manière, le vrai fakir ne va pas non plus faire exprès d’atteindre une veine ou une artère. Je le rappelle, malgré les apparences, ce n’est pas une tentative de suicide. Cependant, le vrai fakir a la capacité de palier aux conséquences désastreuses que cela implique si le cas vient à se produire. Il n’était pas rare que lors de ses spectacles, mon père passe son stylet ( plus de 3mm de diamètre) dans les carotides ou la jugulaire. (Ou même un fleuret d’escrime dans l’artère fémorale.) Le fait d’être réellement et totalement insensible au moment de son travail, rendait difficile le contrôle du trajet de l’ustensile. Au moment du retrait, le sang pouvait alors gicler sur plusieurs mètres ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, le vrai fakir peut alors, stopper l’hémorragie sur un simple ordre mental. Pour cela, papa expliquait qu’il augmentait les pulsations de son cœur à un rythme défiant l’imagination. Jusqu’à 10 fois le rythme normal. Il provoquait donc volontairement et en quelques secondes, ce que la médecine décrit comme la fibrillation atriale :
Qu'est-ce que la fibrillation atriale ? La fibrillation atriale est un type de tachycardie, rythme cardiaque anormalement rapide. Un rythme cardiaque régulier normal comprend généralement 60 à 80 pulsations par minute pour un sujet au repos. En cas de fibrillation atriale, la fréquence des impulsions atriales peut varier de 300 à 600 pulsations par minute. Ces signaux irréguliers très rapides peuvent être à l’origine d’un certain nombre de problèmes. D'une part, la palpitation des oreillettes nuit à leur efficacité de pompage, et une partie du sang peut rester dans l’oreillette à chaque battement de cœur. Le sang accumulé peut éventuellement coaguler, ce qui accroît le risque d’accident vasculaire cérébral. D'autre part, les nombreuses impulsions en provenance des oreillettes essayent de suivre le chemin électrique allant vers les ventricules et les font se contracter à la même fréquence anormale. Heureusement, le nœud atrioventriculaire limite le nombre de signaux atteignant effectivement les cavités inférieures, de sorte que l’ensemble du cœur ne se contracte généralement pas à la fréquence de 300 pulsations par minute. Néanmoins, la fibrillation atriale peut provoquer un emballement du cœur et réduit bel et bien son efficacité de pompage. Comme d’autres formes d’arythmie, la fibrillation atriale peut empêcher le cœur de pomper suffisamment de sang et d’oxygène pour répondre aux besoins de l’organisme.
A suivre










Lyonel Baum
Inviter en tant qu'auteur
Le groupe de discussion Knol Users Francophone