
Chose certes inhabituelle, ils avaient souhaité l'écrire "à quatre mains"...
Un beau jour de l'année 2003, s'inspirant d'un ouvrage publié au Japon quelques années plus tôt : Avant que le rideau ne tombe, Yvette Giraud souhaita raconter à son public de France ce qu'avaient été ses coups de coeur ! Et comme il les avait souvent partagés, l'idée vint à son époux Marc Herrand d'y mêler un chapitre relatant sa propre expérience de pianiste-arrangeur et chef d'orchestre. Après avoir convaincu l'éditrice que leur choix s'était finalement porté sur une écriture "à quatre mains", ils se mirent au travail.
La route enchantée paraîtra en 2005 aux Editions du Signe, presque dans la plus grande discrétion. Ce qu’on ne peut que regretter d’un livre écrit par les deux amoureux éternels de la Chanson Française qui ont essayé de traverser le temps sans faire de bruit ! Ni dans leur métier, ni dans leur vie privée !
Chacun de leurs nombreux amis le savent et le ton est d’ailleurs donné dès la préface par leur ami Jacques Bodoin (http://knol.google.com/k/louis-petriac/jacques-bodoin-lespiglerie-consomme/76sw2to9mfb8/31) qui évoque un bonheur au long cours qui n’a absolument rien à voir avec les mélasses emmiellées des Barbara Cartland Unlimited ! On l’aurait deviné tant il reste de cet enchantement des souvenirs que le temps n’altèrera jamais ! C’est sûrement ce côté raffiné qui a plu aux Japonais et qui a fait de leur rencontre avec ce couple emblématique du bonheur une grande rencontre.
Paris, août 1944...
C'est la libération, une libération qui surgit après quatre longues années d'ppression nazie, quatre longues années de privations de toute sorte. Il faut voir avec quel luxe de détails Yvette Giraud parle du Paris qu'elle connaissait, de ce climat insurrectionnel ayant préludé à cette libération tant attendue. Elle dit que son coeur continue de battre très fort en repensant à ce mois d'août 1944...
Il faut faire la queue pendant des heures pour se procurer une baguette de pain, risquer à tout moment une balle perdue en débouchant dans une rue à bicyclette… Paris se bat, il doute encore du destin qui lui est promis ! Yvette invite les lecteurs à parcourir son journal de bord où date après date, on découvre avec elle quel chemin va la mener à son premier enregistrement, à ses premières rencontres déterminantes !
Le peuple avait faim de distraction, il avait envie de s’émerveiller, de croire en des lendemains plus souriants ! Une merveilleuse leçon d’espoir d’autant plus utile en ces temps difficiles…
Une décennie prodigieuse…
Ecrit à quatre mains, la question survient très vite à laquelle nos deux amoureux éternels répondent. Par quel concours de circonstances se sont-ils rencontrés ? Régine Reyne, l’ancienne speakerine de Bobino qui avait eu l’occasion de les rencontrer après guerre, le confesse dans un livre : Yvette Giraud, reconnaît-elle, était une très jolie rousse auburn aux yeux bleus verts et à la voix grave et chaude et il n’y avait rien d’étonnant à ce que le jeune pianiste des Compagnons de la Chanson ait succombé au charme de cette femme de quelques années son aînée.
Ceux qui sont restés nostalgiques d’une période exceptionnelle auront l’impression en lisant Marc Herrand de redécouvrir les vertus de l’enthousiasme. Il le confesse d’ailleurs en parlant de leur envie de conquérir le monde et quel monde après la fin d’un tel cauchemar !
Pour ceux qui ne connaissaient pas ce qu’avaient été les premières années des Compagnons de la Chanson (http://knol.google.com/k/louis-petriac/les-compagnons-de-la-chansonune-bien/76sw2to9mfb8/2), c’est aussi grâce à ce livre l’occasion d’apprendre par le détail ce qui animaient tous ces jeunes gens baptisés tout d’abord du nom de Compagnons de la Musique http://knol.google.com/k/louis-petriac/les-compagnons-de-la-musique/76sw2to9mfb8/8 : l’enfance de l’un des créateurs des Trois cloches, sa découverte de la couveuse lyonnaise du grand spécialiste de l'art choral, Louis Liébard, et puis… après la rencontre avec Edith Piaf et la fameuse gifle… les Etats Unis !
Au fil des pages, on imagine sans peine le choix qu’il a fallu opérer entre les Compagnons et… Yvette, Yvette dont les yeux bleus verts hantaient le jeune pianiste et arrangeur de la jeune équipe…
Un concerto à quatre mains !
Les destins de deux êtres exceptionnels se rejoignent… Le cœur de Marc vole avec l’avion qui le ramène vers Louveciennes et la maison de l’élue de son cœur dont il a choisi de devenir l’arrangeur, pianiste et le chef d’orchestre.
On découvre un environnement magique et puis… le Japon. Ce Pays du Soleil Levant qui aura été le deuxième pays d’Yvette.
Mais, là encore, chapitre après chapitre, on ne peut qu’être bouleversé par le fabuleux voyage auquel nous invitent Marc et Yvette subitement plongés au cœur d’une civilisation différente où tout se dit et tout se vit avec force d’âme et de générosité. Avec des concerts qu’on accepte de donner dans les conditions les plus difficiles, les gens émerveillés rencontrés du sud au nord d’un pays encore traumatisé par la bombe et les secousses sismiques… Oui, on le comprend en lisant ce livre magnifique, le soleil s’est levé dans ce pays prêt à réchauffer les atmosphères les plus froides et on peut tout à fait comprendre que ce peuple lui ait rendu hommage en décorant celle que l’on a baptisée Mademoiselle Hortensia des plus hautes distinctions honorifiques !

L’ouvrage et les lecteurs, des critiques élogieuses…
On a dit de leur ouvrage qui revient sur ces années de spectacle qu’il était dommage qu'Yvette Giraud ne se soit pas épanchée dans ce livre sur ses choix d'auteur ou ses méthodes de travail et que sa discrétion l’ait empêchée de parfois se laisser submerger par la passion d'un métier exercé avec l'humilité de l'artisan. Mais peut-être les deux auteurs avaient-ils tout simplement envie de réaliser un témoignage différent de ceux qui sont généralement publiés ?
Pour les Dernières Nouvelles d’Alsace, cette route qu'ouvrent devant nous Yvette Giraud et Marc Herrand conduit à travers une réalité bien en chair, vécue au jour le jour par deux artistes d'exception. " La route enchantée " pourrait être le titre de quelque conte merveilleux peuplé de bonnes fées et de lutins farceurs ! Il n'en est rien... Elle est l'évocation de deux existences fondues en une seule vie : celle d'Yvette Giraud, vedette et ambassadrice de la chanson française (Mademoiselle Hortensia, La danseuse est créole, Les lavandières du Portugal, Cerisiers roses et pommiers blancs, etc.) et celle de Marc Herrand, co-fondateur et ancien directeur musical des Compagnons de la Chanson.
Un ouvrage à lire absolument que l'on peut se procurer en librairie et même se faire dédicacer par leurs auteurs en se rendant sur le site des Compagnons : www.compagnonsdelachanson.com !





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