Didier Lockwood

Le "Kid" du violon jazz

Figure emblématique et actuelle du violon jazz, célèbre autant pour le "son" particulier qui le caractérise que pour avoir popularisé le violon électrique, Didier Lockwood transcende depuis plus de 30 ans les écoles et les styles musicaux, aux confins du jazz, de la musique classique et de la recherche sonore.

violon jazz, effets sonores, musicien, jazz-rock, jazz manouche

Biographie 

La genèse du "Kid" 

Didier Lockwood nait en 1956 au sein d'une famille d'artistes et de musiciens (son père était professeur de violon et son frère Francis pianiste de jazz). Sous l'influence de son père, il entre au Conservatoire à l'âge de 6 ans et rafle, 10 ans plus tard, les Premier Prix du Conservatoire National de Calais et de musique contemporaine de la SACEM pour sa composition pour violon.
 
L'année suivante, un évènement imprévu va venir bouleverser un destin pourtant promis à la seule musique classique. Lockwood est reçu premier à l’examen final de l’Ecole Normale de musique à seulement 17 ans, mais il délaisse le CNSM de Paris pour rejoindre l'aventure jazz-rock avant-gardiste "Magma".

Les années 70 autour de Magma et Grappelli

En effet, Lockwood est engagé à l'issue des auditions menées par Christian Vander en 1973, le groupe étant à la recherche de nouveaux musiciens.

L'arrivée de Lockwood coïncide avec une période faste pour Magma qui enchaîne les concerts ainsi qu'une tournée européenne en 1975. L'année suivante, il forme en parallèle plusieurs formations, dont "ZAO" crée avec deux anciens de Magma.
 
La même année, Michel Colombier l'engage dans son big band et au cours d'un concert au festival Nancy Jazz Pulsation, Stéphane Grappelli est invité à jouer avec l’orchestre. Lockwood raconte ainsi [1] avoir pris un chorus qui aurait plu au virtuose. Tout s'enchaîne, Grappelli lui propose de l'accompagner dans ses tournées et dans la foulée, Lockwood est invité par Dave Brubeck au Carnegie Hall. Ces deux évènements fondateurs signent le démarrage de sa carrière de jazzman.

La carrière solo

 

Les années 80 sont pour Lockwood l'occasion de créer de nombreuses formations (dont "DLG" - Didier Lockwood Group) avec lesquelles il multiplie les albums, les concerts autour du monde et les rencontres éclectiques. Lockwood signe plusieurs albums avec Martial Solal, Christian Escoudé, Gordon Beck, Philippe Catherine, Aldo Romano, ainsi que son frère Francis et autres jazzmen talentueux. Au-delà du jazz, il n'oublie pas de partager la scène avec quelques monstres sacrés de la variété française (Claude Nougaro, Jacques Higelin, Barbara,...).
En 1985, Lockwood enregistre aux USA "Out of the Blues" qui reçoit une pluie de récompenses, dont le Grand Prix de la SACEM et les Victoires de la Musique. L'année suivante, il sort dans un style tès différent un album live survolté ("Absolutely Live") enregistré à l'Olympia avec le groupe de fusion québecois UZEB.
 
Il s'installe outre-atlantique et collabore avec les "poids-lourds" locaux : Miles Davis, Herbie Hancock, les frères Marsialis, Marcus Miller, Lenny White...
Début des années 90, Lockwood entame pêle-mêle l'enregistrement de nouveaux albums avec le DLG, l'écriture de la B.O. d'un film ("Lune Froide"), et crée le "onzetet de violon" un ensemble à cordes réunissant les meilleurs espoirs du violon jazz qui sortira un album éponyme en 1994. Cette dernière année est marquée par le retour de Lockwood aux Etats-Unis pour l'enregistrement de "New York Rendez Vous", album pour lequel il s'entoure entres autres de Dave Holland, Peter Erskine et Dave Liebman.
 

Retour aux sources

En 1996, c'est le tournant artistique après 20 ans de scène jazz et jazz-rock. Lockwood revient à ses racines classiques et compose son premier concerto pour violon électro-acoustique intitulé "Les Mouettes", qu'il jouera pour la première fois en 1997 avec l'Orchestre National de Lille. Ce concerto reste célèbre pour les divers effets électroniques que Lockwood applique au violon et qui lui permettent d'explorer de nouveaux horizons artistiques et sonores. Lockwood enchaînera jusqu'en 2005 les compositions et les commandes (concertos pour piano, pour violon, opéra et opéra jazz).
En 2000, Lockwood sort "Tribute to Stéphane Grappelli", en hommage à son mentor décédé 3 ans auparavant. Cet album tout en sobriété (avec Biréli Lagrène à la guitare) rencontre un succès considérable et reste à ce jour son album le plus vendu. L'année suivante voit Lockwood mêler son violon à la musique indienne dans son spectacle "Omkara" crée avec le danseur et compositeur Raghunath Manet.
 
Didier Lockwood est par ailleurs marié à la chanteuse Caroline Casadesus, fille du chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus (qui dirigea notamment l'ONL en 1997 pour la première représentation des "Mouettes"). Ils partagent ensemble l'affiche dans le spectacle "le Jazz et la Diva".

Lockwood et l'enseignement

Une approche éclectique

Lockwood porte un regard particulier sur l'enseignement de la musique en général et celle du violon jazz en particulier. Traumatisé[2] par ses premières années d'apprentissage du violon, Lockwood développe une vision "exhaustive" de l'enseignement basée sur la connaissance de tous les styles musicaux et le développement de la créativité artistique personnelle, sans pour autant nier [2] l'apport considérable de l'enseignement "académique" en matière de technique et de solfège.
 
Lockwood préconise ainsi de développer une certaine différence culturelle basée sur l'apport artistique unique du jazz français, plutôt que dans l'enseignement qui mérite selon lui une véritable refonte [3].

L'école et la méthode

Lockwood s'implique dans la création d'une école de musique (le CMDL - Centre des Musiques Didier Lockwood) et la publication d'une méthode d'improvisation jazz intitulée Cordes et Âmes, récompensée par le prix SACEM 2002 

Liens externes

Site officiel

References

  1. Fertey V., Hommage de Didier Lockwood à Stéphane Grappelli, RFI Musique, 26/03/2008
    http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/099/article_17204.asp
  2. Rubrique Pédagogie - Site officiel de Didier Lockwood
    http://www.didierlockwood.com/fr/?page=pedagogie
  3. Wachthausen JL., Jazz Made in France à New York, Le Figaro, 15/10/2007
    http://www.lefigaro.fr/culture/20070108.FIG000000243_jazz_made_in_france_a_new_york.html

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Nicolas BOFFI
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