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Nos enfants, cobayes de la psychiatrie ?

La Ritaline n'est pas la drogue douce que l'on croit

La pratique actuelle de la psychiatrie, avec son recours systématique aux médicaments psy, est-elle compatible avec l'idée que nous nous faisons de la santé mentale des enfants et de leur épanouissement ?


Spécialiste des problèmes de santé et de bien-être, je me suis penché en tant que journaliste indépendant sur la validité de la psychiatrie dont la pratique actuelle sur les enfants et les adolescents suscite de vives interrogations. Dans un livre consacré à l’«hyperactivité» des jeunes, publié en France en 2006, j'ai tenté d'analyser avec objectivité les aspects éthiques relatifs à un risque majeur, celui de la manipulation comportementale et psychique des enfants par l'usage régulier de psychostimulants. Le lecteur s'étonnera peut-être que, parmi ces substances, celles qui sont données aux enfants diagnostiqués à tort ou à raison comme hyperactifs, sont des amphétamines. J'ai découvert que les effets de la Ritaline ou du Concerta destinés à traiter le TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité) sont similaires à ceux de la cocaïne. Les conséquences à long terme de ce genre de cure chimiothérapique, telle qu'elle est préconisée par la pédopsychiatrie, parce qu'elle est censée «rééquilibrer» le cerveau des élèves en difficulté scolaire ou dont le comportement est jugé «anormal», sont souvent effroyables.

Dans un autre registre ayant trait à la philosophie générale qui sous-tend les mises en application de la politique sanitaire et sociale de la psychiatrie, il est surprenant de constater une parenté historique entre le projet ajourné de prévention généralisée (en France) des déviances mentales dans les écoles et l’ancienne ambition eugéniste[1] qui sévissait dans toute l'Europe avant la Seconde Guerre mondiale. On devrait également s'étonner que de telles ambitions, revêtues il est vrai de la toge immaculée des principes humanistes (mais dans les années d'avant-guerre, les plans eugénistes l'étaient aussi) reçoivent toujours et encore la caution de certains cercles scientifiques et étatiques même si ceux-ci se défendent d'attenter à la notion sacrée de la démocratie.

Soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories anglo-saxonnes de la psychiatrie neuro-biologique[2], les enfants auraient ainsi été diagnostiqués selon des notions psychiatriques critiquables, probablement au terme d'un bref examen médical, et en vertu de critères subjectifs largement remis en cause par la communauté scientifique internationale. La personnalité dite «pathologique» qui aurait été décelée aurait conduit, à partir de six ans – et sans doute en-dessous de cet âge  – à l’administration de psychotropes dont les effets délétères physiques et mentaux ne peuvent être ignorés. En outre, les enfants dont la personnalité aura été considérée «non orthodoxe» selon les canons de la psychiatrie actuelle, risquaient d’être fichés pour le reste de leur vie comme individus potentiellement asociaux ou criminels, dans un «carnet de comportement» annexé à leur dossier médical, un casier judiciaire avant la lettre.

De quoi s’inspire encore aujourd'hui cette politique d’hygiène mentale que des milliers d’observateurs ont dénoncé dans une pétition nationale comme une volonté normalisatrice de la population infantile? De références standardisées publiées dans le DSM – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – la «bible» de l’Association américaine de psychiatrie. Les fiches diagnostiques qui s’y trouvent décrivent des centaines de pathologies psychiques dont les bases ne reposent sur aucune preuve médicale mais dont l’existence… est votée à main levée lors de réunions professionnelles dites de «consensus»!

Pour ce courant de la psychiatrie «neuro-biologique», la valeur d’un enfant et son rôle futur dans la société sont déterminés par des processus biochimiques ayant pour siège le cerveau. Cette branche de la psychiatrie n’a jamais fourni la preuve scientifique des théories qu’elle avance ni des «pathologies» mentales qu’elle définit. Malgré cela et la multitude de ses contradictions internes, elle inspire les choix politiques des gouvernants en matière de santé publique et recommande chaudement la prescription de psychotropes dont les effets dangereux sur l'équilibre nerveux, l'évolution physiologique et les organes vitaux (cerveau, système circulatoire, pulmonaire et glandulaire), sont reconnus depuis longtemps par le corps médical. Pourquoi les difficultés d’apprentissage, de lecture et d’étude, qui ont toujours existé, sont-elles désormais classées dans la rubrique des troubles mentaux? N’y a-t-il pas une dérive à l’américaine dans cette volonté de médicaliser dès l’âge de trois ans les comportements des enfants dont la majorité se révèle somme toute parfaitement normale?

Nombreuses erreurs de diagnostic psychiatrique : des risques inconsidérés pour les enfants

La lecture des critères du diagnostic du TDAH révèle combien les références psychiatriques utilisées pour traiter les jeunes élèves sont nébuleuses et subjectives. Voici trois exemples concernant les enfants, tirés du DSM-IV[3] :
  • « (b) a souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux » ;
  • « (c) a souvent l'air de ne pas écouter ce qu'on lui dit » ;
  • « (f) parle souvent trop »…
Quelle mère de famille ne reconnaîtrait pas chacun de ses enfants dans cette liste? Ces critères simplistes auxquels s’ajoutent d’autres considérations aussi peu scientifiques, suffisent à étiqueter un enfant, sans autre examen approfondi, comme «hyperactif» et à le soumettre à la spirale infernale des «drogues psy» que sont la Ritaline et les antidépresseurs.

Psychostimulants et antidépresseurs : mêmes effets qu’une drogue dure

J'ai par ailleurs découvert que les remèdes préconisés par la pédopsychiatrie font l’objet de controverses virulentes dans les cercles scientifiques. Pourtant, on continue de recommander chaudement des molécules considérées par de nombreux spécialistes comme extrêmement dangereuses. Leurs effets secondaires peuvent aller jusqu’à entraîner des phénomènes d’accoutumance et provoquer des lésions graves, notamment des accidents cardiaques, ainsi qu’aboutir à des automutilations, des décès, des tentatives de suicide et des passages à l’acte suicidaire. Ces risques, qui sont de notoriété publique, sont passés sous silence dans le cabinet du psychiatre qui reçoit les parents en consultation. Il y a de quoi s'inquiéter sur la nature de l'engrenage dans lequel sont plongés les parents en recherche d’une solution pour leur enfant et qui se trouvent en quelque sorte manipulés par la pression de l'administration scolaire lorsqu'un enfant sort de la «norme».

The kiddie cocaïne : la « cocaïne des gosses »

La communauté psychiatrique donne de multiples assurances sur l’innocuité de la Ritaline en expliquant que les enfants et les adolescents à qui on prescrit ce type de produits destinés à traiter les symptômes de l’hyperactivité «développeront une aversion caractérisée contre les drogues illégales et notamment la cocaïne.» Ce genre de déclaration s’appuie notamment sur les travaux des chercheurs américains de la Harvard Medical School de Boston. Cependant, le professeur Nadine Lambert a présenté en 1998, lors de la conférence de consensus du NIH[4], les résultats de ses travaux indiquant que la prescription de psychostimulants dans l'enfance prédispose les jeunes à abuser de la cocaïne à l'âge adulte[5]. J'aimerais que l'on m'explique comment et pourquoi la consommation à long terme et sans suivi médical approprié d'une drogue psy aussi puissante que la Ritaline, qui affecte les mêmes systèmes de neuromédiateurs que la cocaïne et les amphétamines, modifiant de façon durable, voire permanente, la biochimie cérébrale, pourrait prémunir contre la consommation ultérieure de drogues ?

Les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme

Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies s’est penché en octobre 2005 sur l’abus des diagnostics des enfants et de l’administration à leur égard de drogues puissantes destinées à traiter le TDAH. Dans ses conclusions finales, on peut lire : «Le Comité est également préoccupé par les informations indiquant que le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est mal diagnostiqué et qu’en conséquence on prescrit trop souvent pour le traiter des psychostimulants dont les effets délétères sont pourtant de mieux en mieux connus.»[6]

Combien d'enfants morts sous Ritaline?

Le pédiatre Fred Baughman, membre de l'Académie américaine de neurologie, un des plus grands experts internationaux des troubles psychiques infanto-juvéniles, a témoigné en novembre 2001 à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Son rapport intitulé Procès du diagnostic et du traitement du TDAH et des troubles associés et de leurs traitements par des stimulants, est particulièrement poignant : «Les enfants dont je vais vous parler ne sont plus hyperactifs ou ne sont plus inattentifs, ils sont morts…» annonce-t-il. Morts de quoi? Du traitement par la Ritaline que leurs parents étaient contraints, par les services sanitaires des écoles, de faire suivre à leurs enfants, sous prétexte qu’ils étaient « hyperactifs».[7]

Pas d’amélioration dans les résultats scolaires ou les relations sociales

Plusieurs études montrent que les enfants sous cure de Ritaline ou de substances apparentées n’améliorent pas leurs résultats scolaires contrairement aux affirmations des pédopsychiatres selon lesquelles ces produits contribuent à prévenir l’échec scolaire et à faciliter leur intégration sociale. En fait, attestent les documents que nous avons étudiés, ces enfants échouent comme les autres dans certaines classes et quittent l’école dans les mêmes proportions que ceux qui ne prennent pas ces médicaments.
Ainsi, en novembre 1998, le texte final de la conférence de consensus  sur le TDAH organisée aux États-Unis par les National Institutes of Health  (NIH – Institut national de la santé américain) qui représentent la plus grande institution de recherche médicale du monde, déclarait sans équivoque: «Chez les sujets médicamentés, les psychostimulants semblent améliorer la concentration et l’effort tout en minimisant l’impulsivité et augmentant la docilité pour une courte période initiale d’environ 7 à 18 semaines, pour ensuite perdre toute efficacité. [...] Ce qui est préoccupant, ce sont les constats réguliers selon lesquels malgré l’amélioration des symptômes centraux, il y a peu d’amélioration dans les résultats scolaires ou les relations sociales.»

Le professeur Peter Breggin est psychiatre en exercice, directeur de l’International Center for the Study of Psychiatry and Psychology (ICSPP – Centre international pour l’étude de la psychiatrie et de la psychologie). Cet expert mondial a déclaré à ce sujet devant le Congrès américain, en septembre 2000 : « Il est important de comprendre que le diagnostic de TDAH a été développé spécifiquement dans le but de justifier l'utilisation des drogues visant à modifier le comportement des enfants en classe. […] De plus, alors que certains comportements sont inhibés pour une durée de quelques semaines, il n'existe aucune preuve tangible de l'amélioration du comportement scolaire, social ou psychologique. Au contraire, les preuves existent démontrant une altération des fonctions cognitives, un retrait social et l'existence d'un état dépressif.
» [8]

Autres questions que tout parent devrait poser à son psychiatre

• Les causes de l’hyperactivité sont-elles connues avec précision des spécialistes de la psychiatrie infantile?
• Pourquoi l’emploi de la Ritaline et des autres psychostimulants sur les élèves en difficulté n’améliore pas à long terme les performances scolaires, contrairement aux affirmations des psychiatres qui les prescrivent?
• Le méthylphénidate, molécule de la Ritaline, figure dans la liste officielle des substances prohibées du Code mondial antidopage. Est-ce normal d'en prescrire à mon enfant?
• Le Modiodal (ou Modafinil), autre substance en cours d’étude et susceptible d’être utilisée chez les enfants, est un excitant employé par des soldats de la Légion étrangère[9]. Mon enfant doit-il en prendre?
• Existe-t-il un rapport entre les violences et les tueries inexpliquées dans certaines écoles et la prescription de psychotropes aux élèves?
• Pourquoi les origines véritables de la majeure partie des troubles psychiques infantiles sont-elles couramment négligées par la pédopsychiatrie?
• Je souhaite éviter le recours systématique aux drogues psy. Pouvez prescrire à mon enfant un remède naturel et sans danger?

Pour être honnête avec le lecteur, je pense que le quart de ces questions risque de le faire passer pour rien de moins qu'un provocateur. Mais en l'occurrence, au regard des conséquences dramatiques qu'entraîne dans une famille la prescription irresponsable de telles drogues, ne sommes-nous pas en droit de nous demander précisément où est la vraie provocation? Celle qui se résume à tromper les patients en leur omettant les faits ou celle qui consiste à réclamer la justification d'un diagnostic sur des pièces médicales indubitables et à disposer de son droit le plus élémentaire, celui d'exercer la liberté de choix thérapeutique en toute connaissance de cause? Je crois primordiale l'idée selon laquelle il est capital de comprendre avant de décider. Lorsque l'avenir ou la santé d'esprit de ses proches se trouvent entre les mains d'une discipline aussi décriée que la psychiatrie, cette idée ne saurait prendre, à mon avis, aucune autre valeur que celle d'un bon et solide précepte salvateur.


Mon livre est disponible sur les librairies du web.

Références

  1. Eugéniste, de eugénisme : eu- (du grec : « bien ») + genos (« gêne, race »).
  2. Branche de la psychiatrie née en 1952 avec l’invention des psychotropes. Issue de la neurobiologie (étude des cellules et des tissus du système nerveux), elle se spécialise dans l'action des psychotropes sur les troubles mentaux.
  3. Diagnostic and Statistical Manual of mental Disorders – Fourth Edition (DSM-IV), American Psychiatric Association, Washington, D.C., 1994. IV veut dire 4e édition.
  4. Les National Institutes of Health sont la plus grande institution de recherche médicale du monde. Son budget dépasse 28,8 milliards de dollars en 2005. Ils regroupent 21 « National Institutes » spécialisés.
  5. Lambert. N & Hartsough, C. S., « Prospective Study of Tobacco Smoking and Substance Dependence Among Samples of ADHD and non-ADHD Subjects ». Journal of Learning Disabilities.
  6. Convention relative aux droits de l’enfant. Quarantième session. Examen des rapports présentés par les États parties en application de l’article 44 de la Convention. CRC/C/15/Add.272 - 20 octobre 2005.
  7. The Case Against Diagnosis and Treatment of ADHD and Related Disorders and Their Treatment With Stimulants (presentation to the Parliamentary Assembly, Council of Europe, November 23, 2001), by Fred A. Baughman Jr., MD, Neurologist/Pediatric.
  8. Témoignage du Dr. Breggin devant le Sous-comité de surveillance et d’enquêtes, Comité sur l’Éducation et la main-d’œuvre, Congrès des Etats-Unis d’Amérique, 29 septembre 2000.
  9. "Les cobayes de la guerre du Golfe" par Cécile Prieur, Le Monde, 18.12.2005.

Commentaires

Des raisons multiples à la médicamentation

Ce sujet est complexe.



Mon expérience m'a permis de travailler en milieu psychiatrique. La médecine est, par elle-même, de nature très contradictoire selon la qualité des professionnels qui la compose, ce qui ne devrait pas être le cas. Sans doute cela tient-il de la complexité de la nature humaine dont chacun à sa façon de percevoir le monde, à l'évaluer et à lui fournir des solutions, malgré les protocoles et les références médicales.



Les médicaments seuls ne peuvent suffire à une thérapie psychiatrique mais tout les professionnels de santé savent très bien cela, ne les diminuons pas. C'est un souci quasi-permanent pour la médecine moderne de considérer l'homme dans sa globalité : son vécu, sa culture, ses antécédents médicaux, les pathologies organiques, etc qui sont autant de facteur pouvant influencer notre mental quel que soit l'âge. Toutefois, des négligences diverses peuvent exister. En voici une liste non exhaustive, selon ma propre opinion qui sont je le crois, des aspects tabous :



- D'un point de vue idéologique : dans la mesure où certains professionnels continuent de considérer l'homme seulement comme une machine dont les mécanismes sont influençables par la chimie nous nous retrouverons dans un labyrinthe médicamenteux aux effets désastreux. Le recours à la psychiatrie infantile devrait se faire en cas de désespoir de toutes autres alternatives médicales plus "douces".



- La nécessité sociales des "camisoles psychiques" : C'est une ignorance populaire mais l'usage des psychotropes peuvent être justifiés dans le cas de personnes devenus "hermétique" à toute capacité de "self control". Il n'y a pas d'âge. Dans ces cas, hélas plus nombreux qu'on ne le pense, le recours à des psychotropes est devenu inévitable. Appréciables ou non, ces nouvelles prisons psychiques évitant d'autres déboires comportementaux plus graves. Chaque traitement est donné dans le but de protéger l'individu de lui-même et les autres de cet individu. Ce n'est jamais un choix aisé ni souhaité pour un professionnel de santé de prescrire ces médicaments.



- L'hôpital est un lieu d'apprentissage et d'expérimentation. Tout les professionnels de santé psychiatrique n'ont pas la même expérience, le même âge, la même idéologie et toutes ces différences interfèrent quoi qu'on en disent beaucoup dans la prescription du traitement final à l'égard du patient. On ne peut en vouloir à la maladresse de certains étudiants qui deviendront plus tard des médecins de références. Nous vivons dans un monde imparfait et il est parfois douloureux pour tous d'en faire l'expérience. L'essentiel est de tirer des leçons, des statistiques, etc qui font aller la médecine de l'avant. Fort heureusement, cela se passe ainsi, de façon trop lente sans doute mais cette lenteur obéit elle-même à des mesures de précautions.



- Le lobbying médicamenteux et les politiques en matière de santé, dont le fameux "T2A", aboutit très vite à des situations problématiques du genre de vos exemples dans votre ouvrage, à juste titre.



Il n'en demeure pas moins que la psychiatrie moderne a parfaitement sa place et son rôle dans notre société et qu'elle reste indispensable. Bien des malades sont heureux d'avoir reçu un traitement adapté découvert il est vrai après plusieurs mois d'expérimentation en fonction de la tolérance de chaque patient, toujours un cas unique.



Je vous souhaite d'avoir des avis plus compétents que le mien pour réagir à votre ouvrage.

Votre livre me parait tout à fait en correspondance avec notre époque et il mérite de remettre en question la psychiatrie infantile actuelle qui entre en effet dans une espèce de "mode médicale", toujours sous l'influence d'autres pays...

Vos interrogations sont pertinentes et justifiées. Le grand public et les familles devraient s'y intéresser de plus près.

Dernière modification 1 nov. 2008 08:48
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Dernière modification : 2 août 2008 06:17.

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