Le lait maternel : un nouveau regard

tout savoir sur le lait maternel : composition et surtout son intérêt pour le nouveau né

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LE LAIT MATERNEL : UN NOUVEAU REGARD

PAR :  Salim Djelouat


 


    Si on imagine un jour, que nos puits de pétrole se trouvent complètement improductifs, nos responsables crieraient à la catastrophe.
    Pourtant, aujourd'hui dans le monde, une crise importante, signifiant une perte de ressources naturelles de plusieurs millions de dollars, se développe sans que personne n'y songe à redire.
    Cette ressource naturelle, c’est le lait maternel humain.
    Les mères renonçant de plus en plus à l'allaitement de leurs enfants au sein.
    Sachant qu’il faut à peu près 400 litres de lait de vache (ou autre), pour remplacer (mal), l’élément nutritif du lait maternel qui serait donné à un bébé nourri au sein durant les 24 premiers mois de sa vie, un travailleur devrait donc consacrer plus de 3000 dollars de son salaire à l’achat de se lait pour son enfant.

01 - Qu'est ce qui fait la différence entre le lait maternel et les autres laits ?

    La plupart des hommes de sciences, voient dans le lait maternel l'aliment le mieux adapté aux besoins spécifiques du nourrisson, tant sur le plan nutritionnel que sur le plan immunitaire.

    A - La première caractéristique du lait maternel est de présenter une composition variable.
    Tout se passe dès l'accouchement, comme si le lait fabriqué par les cellules sécrétrices, tapissant les acini (ampoules creuses, constituants la partie glandulaire du sein), se modifiant au gré des besoins :
  • élevant au 10e jour le taux des protéines.
  • puis ceux sont les niveaux de lactose, calcium et potassium, qui augmentent et ainsi de suite.
    Comme disait un spécialiste : « les seins se sont montrés, plus habiles à composer un mélange nutritif que le cerveau de n'importe quel savant...»

    B - La deuxième caractéristique importante et qu’il est surtout fait sur mesure pour le bébé, en effet, il contient plus de 50% du matériel génétique de l’enfant.

02 - Quelle est la composition essentielle du lait maternel ? 

    Jusqu’à maintenant, il a été identifié plus de 300 composantes du lait maternel qui chacune joue un rôle non seulement nutritif, mais aussi agissante sur le développement du système nerveux, du système immunitaire et sur le développement global de l’enfant en incluant principalement : de l’interféron, des globules blancs, des agents antibactériens et antiviraux, des calmants intestinaux…. 

    Pour notre part, on étudiera dans  la composition essentielle du lait maternel les éléments suivants :

A - L'eau :   

    Représente, 87,5%, le lait maternel offrira la quantité d’eau nécessaire à l’hydratation du bébé, assorti d’un petit complément en cas de diarrhées, vomissement ou fortes chaleurs.

B - Le lactose :

    C'est le glucide de loin le plus prédominant dans le lait de presque toutes les espèces.
    Les glucides représentent 7% soit 60g/litre de lactose.
    Le lactose est un sucre formé d'une molécule de galactose, uni à une molécule de glucose.
    Le pouvoir sucrant du lactose est 6 fois moins élevé que celui du saccharose (sucre ordinaire).
    Une enzyme, la lactase permet au nourrisson de transformer le lactose en glucose et en galactose.
    Cette dernière étant à son tour, convertie en glucose au niveau du foie.
    Le glucose deviendra ainsi, l'un des grands combustibles, nécessaire au travail et au développement de la machine humaine.
    Le lactose est aussi essentiel à la formation et à la bonne santé des cellules du cerveau, des muscles, des intestins…

C - Les lipides :  
    Représentent 4%, soit environ 40g/l et ils constituent une autre source énergétique.
    Le taux des lipides peut varier en fonction de nombreux éléments tels que l’heure de la journée, l’âge de l’enfant, l’alimentation de la mère…
    Dans le lait humain, ils se présentent essentiellement sous forme de « triacylglycérols ». Ceux sont des acides aminés à longues chaînes.
    Ces acides gras, permettent également de rendre assimilable de nombreuses vitamines, telle que les vitamines A, D, E, et K, contenues dans l'alimentation et que l'être humain ne peut synthétiser.
    Les acides gras essentiels renfermés dans le lait maternel renforcent le développement du système nerveux, du système cardio-vasculaire, du système cérébral et du visuel du bébé.
    Des études très sérieuses ont démontré une élévation du QI chez les bébés allaités au sein de 8 à 10 points, par rapport à ceux nourris au lait artificiel.
    Les lipides ne sont délivrés qu’en fin de tétée et c’est pour cette raison qu’il ne faut pas écourter les repas du bébé.

D - Les protéines :   
    Représentent 1%, soit 9 à 12g/l et se présentent dans le lait, soit sous formes de micelles, soit sous formes solubles.
    Les micelles du lait, contiennent des caséines et des ions minéraux (phosphates, calcium et magnésium).
    Les protéines solubles, comprennent d'innombrables substances, dont certaines paraissent jouer un rôle dans le développement de la flore intestinale.
    Mais toutes les protéines, contribuent à apporter au nourrisson, des acides aminés indispensables à la synthèse des acides nucléiques et à celles d'autres protéines.
    Les protéines contiennent en plus, des immunoglobulines, dont leur rôle est essentiel est la défense du corps contre les microorganismes étrangers.

E - Les enzymes :
    Elles aident à la bonne absorption des graisses et sont également l’un des bactéricides du lait maternel.

F - Les sels minéraux et les oligo-éléments :
    Représentent 0,5%, soit 2 g/l.
    Ils participent entre autre, à la constitution du squelette et dont les principaux sels minéraux sont :

  • le calcium, qui est très mal métabolisé par le nourrisson pour des raisons biochimiques diverses, mais il est assimilé à 100% par les bébés.
  • Le sodium, fer, le chrome, le manganèse, le cuivre, le sélénium,          le phosphore, l’iode, le chlore, magnésium, le potassium, le souffre 
  • le zinc : présent dans le lait humain sous une forme spécifique qui explique le rôle exclusif du lait de femme dans la prévention et le traitement de l’acrodermatitis entéropathica (maladie héréditaire consécutive à une carence de zinc et dont les manifestations sont essentiellement digestives et cutanées).
G - Les vitamines :     
    Le lait maternel contient pratiquement toutes les vitamines en taux normal, vitamines A, B1, B2, PP, B5, B6, B8, B9, B12, C, sauf pour la vitamine K (qui est présente à des taux très bas).
    Pour la vitamine D qui est nécessaire au bon développement du squelette du bébé, la situation n'est pas claire mais il est préférable d'en ajouter quelle que soit l'alimentation de l'enfant.
    Le lait de femme est par ailleurs très riche en vitamine E, puissant agent antioxydant.

H - Les hormones :   
    Elles favorisent la croissance et le développement des organes sexuels.

I – Les apports énergétiques du lait : 
    1 litre de lait apporte en moyenne 670 kcals (2720 kJ).


03 - Quel est le rôle du lait maternel dans le développement de la flore bactérienne ? 

    La flore bactérienne du nourrisson élevé au sein est composée essentiellement de certains groupes bactériens, tel que les bifidibactérium et les bactéroîdes.
    Ces deux groupes sont représentatifs de la flore du nourrisson élevé au lait maternel.
    Selon une hypothèse physiologique généralement admise, ils participeraient à la protection du nourrisson contre les infections.
    On sait aussi, que cette flore associée au lait maternel, exerce un effet de répression à l'encontre des Escherichia coli et que le lait maternel crée un équilibre écologique, empêchant toute bactérie pathogène à s'implanter.


04 - Est-ce que lait maternel protège le bébé des maladies ? 

    Le lait maternel protège l’enfant de nombreuses maladies durant l’allaitement, et tout au long de sa vie, d’abord sous forme d’immunité passive, puis en stimulant le système immunitaire du bébé.
    Plusieurs maladies chroniques ou infectieuses ont vu leur incidence baissée comme par exemple :
  • les otites moyennes
  • les gastro-entérites
  • le diabète
  • l'asthme
  • les maladies cardio-vasculaires
  • l'obésité qui est moins élevée chez les bébés allaités que chez ceux qui sont nourris au lait artificiel.
    Les effets protecteurs augmentent avec la durée et l'exclusivité de l’allaitement.


05 - Quel est le rôle des anticorps du lait maternel ?

    On sait depuis fort longtemps que le colostrum et le lait maternel, contiennent des anticorps vis-à-vis des bactéries.
    Les anticorps rencontrés dans le lait maternel sont aussi appelés immunoglobulines et elles existent sous cinq formes différentes : IgG, IgA, IgM, IgD et IgE.
    L’immunoglobuline la plus répandue dans le lait maternel est l’immunoglobuline A (IgA).
    Cette immunoglobuline et très résistantes aux acides et à l’activité protéolytique des enzymes intestinaux, d’où elle persiste dans le tube digestif de l’enfant.
    Le pH des sécrétions gastriques tombe de 1 à 2 dans les 6 heures qui suivent la naissance, mais il augmente au cours de l'alimentation.
    Cette immunoglobuline est retrouvée en grande quantité dans les systèmes gastro-intestinaux et respiratoires des adultes.

    Les anticorps du lait maternel agissent sur les bactéries des sérotypes entéropathogènes des :

  • Escherichia coli
  • clostridium
  • corynébactérium diphtériae
  • salmonella
  • shigella
  • streptococcus pneumoniae
  • virus coxsackies B1, B5 et B9
  • les échovirus
  • les poliovirus 1, 2 et 3
  • les rotavirus.
    Le véritable destin des anticorps absorbés avec le lait maternel n'est pas très bien connu, mais leur site d'action pourrait être localisé au tube digestif, puisque les immunoglobulines ne sont que faiblement absorbés dans le tube digestif de l'enfant.
    Les anticorps maternels jouent probablement un rôle non négligeable dans l'immunité passive de l'enfant en limitant l'apparition des maladies dues aux bactéries intestinales, aux virus et aux antigènes.
    Les enfants alimentés au lait maternel riche en anticorps anti Escherichia coli, ont des anticorps dans leurs selles, contrairement à ceux qui sont nourris au lait artificiel.
    Il a été aussi remarqué que même le colostrum des femmes enceintes immunisées par voie orale contre une souche d'Escherichia coli, contient des cellules plasmatiques sécrétrices d'immunoglobulines (IgA) vis-à-vis des lipopolysaccharides d'Escherichia coli.

    Pour empêcher les microorganismes pathogènes de produire une maladie ou pour prévenir leur pénétration, les anticorps  du lait maternel devraient être capable et ce par différents processus soit de :
1 - Lyser les bactéries en présence de lysozymes et des composants du complément
2 - inhiber l'adhérence des bactéries sur la muqueuse intestinale
3 - empêcher la prolifération bactérienne et virale, par un pouvoir de neutralisations semblable à celui des anticorps sériques.

    L’allaitement confère au nouveau-né une immunité naturelle contre les infections et les maladies et ce grâce aux anticorps maternels (voir plus haut).


    De nombreuses études, suggèrent que les enfants nourris au sein sont protégés contre les gastro-entérites.
    Dans les populations où les enfants sont nourris au lait
maternel, les diarrhées sont inhabituelles durant les premiers mois de la vie (entre 1 mois à 6 mois), mais deviennent beaucoup plus fréquentes au cours de la seconde moitié de la première année et au cours de la deuxième année.
    Ces infections qui surviennent après le sevrage, sont connues sous le nom de diarrhées du sevrage.
    La résistance aux infections intestinales chez les enfants nourris au lait maternel, serait due à tout un ensemble de facteurs :

        A - Le transfert passif des anticorps dirigés contre les agents potentiellement pathogènes, joue un rôle essentiel en empêchant l'adhésion des bactéries sur les muqueuses intestinales.
    L’effet anti infectieux du lait maternel tient en effet à la présence de cellules qui préviennent la fixation des bactéries sur la paroi intestinales des microbes et des virus.
    Les bactéries sont agglutinées puis éliminées dans les selles.

        B - Par la présence de certains composants du lait maternel comme : la lactotransférine, le lysozyme, la lactopéroxydase, ont des propriétés antibactériennes mises en évidence.
    Dans les pays en voie de développement où les diarrhées sont endémiques, l'allaitement maternel est une garantie de propreté qui diminue l'éventualité d'une exposition aux entéropathogènes contaminants, surtout si le lait est préparé dans de mauvaises conditions d'hygiène.
    Le lait maternel protège aussi contre des virus dangereux tel le virus de la poliomyélite, comme on l’a déjà dit.

08 - A quel moment de la lactation apparaissent les anticorps ?

    La concentration des anticorps varie au cours de la lactation.
    Elle est maximale dans le colostrum présent les cinq premiers jours, puis dans la montée laiteuse et pour terminer dans le lait mature.


09 - Qu'appelle t'on colostrum ?

    Le colostrum est le liquide annonciateur du lait.
    Le colostrum est secrété en général vers le 3e trimestre de la grossesse et se poursuit durant les deux à trois jours, voire cinq jours qui suivent la naissance.
    C’est un liquide d’aspect épais, visqueux et de couleur jaunâtre qui sort des mamelons des seins.
    Durant les 3 aux 5 premiers jours, c’est ce que le bébé tétera en premier, avant de téter le véritable lait.

    Le colostrum est très riche en vitamines, en protéines, en sels minéraux et surtout en immunoglobulines dont le but est d'assurer la défense immunitaire du nouveau-né et il est pauvre en lipides.

11 - Quel rôle joue le colostrum au niveau de l'intestin ?

    Le colostrum a un effet laxatif qui va aider le bébé d’éliminer de son intestin le reste de méconium (substances accumulées au cours de sa vie intra-utérine) afin de mettre en route son système digestif et surtout d’empêcher le développement d’un ictère néonatal.


12 - Quel  type de relation possède le colostrum avec les cellules de l'immunité ?

      
    Le colostrum renferme la quantité la plus impressionnante de cellules de défense.
    Le colostrum humain comprend approximativement :
  • 50% de polynucléaires neutrophiles
  • 45% de mononucléaires
  • 05% de lymphocytes
    Le nombre de cellules qui est d'environ de 5000/mm3 les premiers jours, se réduit à 2000/mm3 vers les 3 et 4e jours.
    Ces cellules ne représentent pas un échantillonnage aléatoire, mais une population sélectionnée et accumulée progressivement à la suite de stimulis (tube digestif et appareil respiratoire).
Les principales cellules sont : 

        1 - Les cellules phagocytaires du type leucocytes neutrophiles, du lait maternel, peuvent phagocyter toutes les bactéries et les champignons.
    Cette possibilité est réduite, comparée à celle du sang périphérique.
    Cependant, ils sont moins agressifs que les neutrophiles sanguins et disparaissent virtuellement du lait maternel en six semaines après la naissance.
    Il est probable aussi que ces cellules ont une autre fonction, celle de protéger le sein contre l’infection.

        2 –  Les macrophages, second type de leucocytes les plus communs : leur action est phagocytaire comme le neutrophile et ils remplissent  en plus plusieurs autres fonctions protectrices.
    Les macrophages sont beaucoup plus actifs que les neutrophiles dans le lait et que leur mobilité est active dans le lait que dans le sang.
    Les macrophages produisent du lysozyme (enzyme qui détruit la paroi des bactéries) et augmentent leur nombre dans les voies gastro-intestinales du bébé.

        3 - Les lymphocytes du colostrum sont des cellules réactives qui répondent aux mitogènes et aux antigènes de rappel et synthétisent des IgA en prédominance.
    Ces cellules forment des anticorps contre les pathogènes entériques.
    Les lymphocytes sont représentés par  :
  • les lymphocytes du type T qui représentent entre 35 et 50%
  • les lymphocytes du type B qui représentent environ 20%
    Il a été remarqué et ce contrairement dans le sang, que les lymphocytes du lait, prolifèrent en présence d'Eschérichia coli.Les lymphocytes du lait fabriquent en plus de l’interféron gamma.

    4 - Les monocytes du colostrum humain, en combinaison avec les anticorps, peuvent détruire les cellules infectées par le virus de l'herpès.


    Au cours des deux premières semaines, le lait augmente en quantité et change d’aspect et de composition.
Il s’agit en réalité d’un lait de transition, dans la teneur en immunoglobulines et en protéines diminue alors que le taux de sucre et de graisse augmente.

14 - Sous quelle influence a eu lieu la montée laiteuse ?

    La montée laiteuse a lieu vers le quatrième ou le cinquième jour après l'accouchement, sous l'influence d'une hormone, la prolactine, qui permet la fabrication du lait.
    La prolactine est sécrétée uniquement quand le bébé tète.
    De ce fait, plus les tétées sont fréquentes, plus le taux de prolactine restera élevé et plus la lactation sera régulière.


15 - Du lait de transition au lait mature : c'est quoi au juste ?

    Le lait maternel ne se modifie pas seulement au cours du temps, il évolue aussi au cours des tétées.
    Le lait mature a un aspect plus dilué et aqueux que le lait de vache, ce qui peut parfois étonner la mère.
    C’est un lait qui est très riche en lactose.

16 - On dit que le lait maternel est régulé en fonction des besoins du bébé ?

    Effectivement le lait est produit en fonction des besoins du bébé, le lait qui s'écoule au début d'une tétée s'appelle « lait initial ».
    Le lait initial contient peu de graisses et beaucoup de lactose, des protéines, des vitamines, des sels minéraux et de l’eau.
    A mesurer que bébé tète, le lait devient du « lait terminal », plus épais, moins riche en lactose, mais beaucoup plus riche en graisses à la fin de la tétée.
    Ce processus permet au bébé de moduler la tétée en fonction de ses besoins.
    En plus, le lait mature s’adapte à la température extérieure : plus aqueux par temps chauds et plus gras et plus caloriques par temps froid.
    Ce phénomène est destiné à couvrir au mieux les besoins du bébé en fonction de la température externe.


17 - On dit que le lait maternel soulage la douleur ?

    L’allaitement provoque la sécrétion d’endorphines, qui créent un sentiment de détente et de bien-être chez la mère et l’enfant.
    Ce bien être est une façon idéale de soulager la douleur chez le bébé.
 

18 - Quels sont les avantages de l'allaitement chez la mère ? 

        A - On sait que L’allaitement protège la femme contre les cancers du sein, des ovaires et de l’endomètre en période de pré ménopause, et aussi contre l’ostéoporose.
Cette protection croît avec la durée de l’allaitement.
        B - Il améliorerait la minéralisation osseuse
        C - Il a été aussi rapporté qu’une femme qui allaite est moins à risque de développer un diabète type II.
En effet, chaque année d'allaitement réduit le risque de 15%.
        D - Il a été aussi constaté que le risque d’hémorragies post-partum est moins élevé chez les femmes qui allaitent.
        E - Les femmes qui allaitent retrouvent leur taille d’avant la grossesse plus rapidement que celles qui n’allaitent pas.
        F - L’allaitement peut réduire les besoins en insuline de la mère diabétique dans la période postpartum.
        G - L’allaitement maternel exclusif, lorsqu’il est pratiqué sous certaines conditions, est une méthode de planification familiale très efficace (98-99% de résultats positifs, taux semblables à celui pratiqué sous contraception orale).
    En effet l’allaitement retarde le retour de couches (reprise des menstruations après la grossesse).
    Sans allaitement les règles reviennent en général sous 3 mois.
    Un allaitement dit « complet », peut porter ce délai bien au-delà de 6 mois (ce qui évitera en plus des cas d’anémies).




    Cependant, en raison de grandes variation individuelles, l’allaitement n’est pas considéré comme une contraception efficace.

19 - Quels sont les risques d'un allaitement artificiel pour le bébé ? 

    Les risques rapportés par plusieurs études d’un allaitement artificiel sont :

  • otites moyennes : 3 à 5 fois plus de risques par allaitement artificiel
  • gastro-entérites : il y a 6 fois plus de risques par allaitement artificiel
  • diarrhées à répétition
  • entérocolites nécrosantes : il a été rapporté par 20 fois plus de risques chez l’enfant allaité artificiellement
  • maladies inflammatoires de l’intestin (colite ulcéreuse, maladie de Crohn): 3 fois plus de risque par allaitement artificiel
  • maladies respiratoires: surtout bronchites et pneumonies : 2 à 5 fois plus à risque par allaitement artificiel
  • des allergies
  • de l’asthme
  • de l’obésité
  • le Syndrome de la mort subite du nouveau-né : 3 à 5 fois plus de risques chez l’enfant allaité artificiellement
  • diabète du Type-1 : 2 à 7 fois plus de risques
  • troubles de la vision
  • mauvais développement des muscles

20 - Quels sont les aliments a éviter pendant  l'allaitement ?

    Durant l’allaitement, il importe avant tout de manger varié et équilibré, de boire beaucoup d’eau et de se reposer le plus possible, car le lait maternel est fabriqué à partir de l'alimentation et des réserves nutritionnelles de la mère.
    L’alimentation doit être équilibrée et variée, en particulier riche en acides linoléiques et alpha linoléiques (poissons gras, huiles végétales) pour couvrir les besoins de bébé.

Les aliments à réduire sont :
  • les choux
  • les légumes secs
  • l’ail
  • les oignons
  • les asperges
  • les poivrons
Limiter :
  • le café et le thé (la  caféine et la théine passent dans le lait).
  • Bannissez la cigarette : la nicotine passe dans le lait et elle est nocive pour le bébé et en plus elle diminue la production lactée et le réflexe d’éjection du lait.

    Si le père ou un membre de la famille fume, les effets sont répercutés sur le bébé et se résumes a : des pleurs inexpliqués, de l’irritabilité, de l’insomnie.

    Il serait donc préférable de fumer à l’extérieur, loin du bébé et de la mère.

Diminuer  :
  • la consommation de boissons gazeuses et de chocolat
  • Si les allergies sont fréquentes dans la famille, il faut diminuer les risques pour le bébé en évitant les aliments les plus allergènes telles que : arachides, noix, œufs, poissons et fruits de mer.

 

21 - Pour quel type de comportement alimentaire que la mère doit adopter durant la période de l'allaitement ?

      
    Pendant l’allaitement, il y a une demande accrue de vitamines et de sels minéraux (surtout en calcium) et il suffit pour y faire face d’adopter une alimentation équilibrée :

  • Un apport protidique de 60 à 80 g/j (10 à 15% du bilan énergétique)
  • Un apport lipidique de 80 g/j (30 à 35% des besoins énergétiques)
  • Un apport glucidique de 340 g/l (50 à 55% des besoins énergétiques)

    Pendant l’allaitement il faut augmenter sa consommation en produits laitiers afin d’éviter au bébé d’utiliser votre propre réserve de calcium.
    Cette consommation de produits laitiers permet en particulier de couvrir les besoins en calcium de la femme qui allaite et qui sont de 1200 mg/j.
    Un apport donc en produits laitiers est recommandé et se fera sous forme de : 1 à 11/2 litre de lait par jour ou son équivalent par des fromages, yaourts, crèmes
    Cela dit, la femme qui allaite peut manger ce qu'elle veut ! Ce n'est pas le moment pour elle de commencer un régime amaigrissant.

    N’hésitez pas par contre à consommer de la viande, des œufs, du poisson, des fruits et légumes (les agrumes sont à limiter).

    Pensez à boire beaucoup : car les besoins en eau augmentent pendant l’allaitement.    On sait aussi que  le lait est constitué principalement d’eau (75% de sa composition), il faut donc boire environ 2 à 3 litres par jour (eau, jus de fruits, tisanes, potages).

22 - Quels sont les examens ou tests médicaux pouvant affecter la lactation ou l'allaitement ? 


    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les radiographies courantes ou les lavements barytés n’affectent pas la qualité du lait.
    Cependant, les tests en médecine nucléaire demandent un arrêt temporaire de l’allaitement afin de faciliter l’élimination du produit radioactif utilisé.

    La liste de médicaments interdits ou éventuellement permis cités ci-dessous n'est pas exhaustive.
    Seul votre médecin pourra décider de la prise ou non d'un médicament.
    La décision d'utilisation sans risque d'un médicament doit se baser sur des données fiables, précises et surtout d'être toujours scrupuleusement réfléchie.

    Notre vocation est d’informer et d’expliquer et non de nous substituer a votre médecin
    C’est vrai que la prise de médicaments chez une femme qui allaite et source d’inquiétude.
    Effectivement, il a été constaté que pour la majorité des médicaments administrés oralement, l’enfant allaité recevra au maximum 1% de la dose ingérée par sa mère.
    Si la dose reçue est généralement si faible, c’est parce qu’avant d’atteindre le lait puis le sang de l’enfant,  le médicament suit un long cheminement au cours duquel il rencontre plusieurs “ barrières ”.
    Il apparait aussi que de nombreux médicaments sont utilisables sans risque chez la femme allaitante.

1 - Les médicaments qui ne passent pas dans le lait :
  • les anesthésiques locaux
  • l’héparine
  • l’insuline
2 - Les médicaments qu'on peut utiliser :
  • l'aspirine à faible dose
  • le paracétamol
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (sauf la phénylbutazone, l'indométacine)
  • les antibiotiques (la pénicilline, les céphalosporines, les macrolides)
  • les antifongiques (antimycosiques)
  • les antiviraux
  • Les médicaments utilisés dans le traitement de l'hypertension artérielle peuvent être utilisés et ainsi que les inhibiteurs calciques.
  • les antiépileptiques
  • les antidépresseurs
  • les laxatifs mécaniques et seulement ceux-là sont permis (huile de paraffine)
  • les sirops s'ils ne contiennent ni codéine, ni iodure de potassium
  • les antihistaminiques peuvent être employés en évitant l'association de décongestionnants nasaux.
3 - Les médicaments à éviter :
  • la spiramycine
  • les barbituriques
  • les benzodiazépines
  • le métrobatame
4 - Les médicaments interdits :
  • le calcibronat
  • les tétracyclines
  • le chloramphénicol
  • les antalgiques qui contiennent de la phénacétine
  • les anti-vitamines K
  • les dérivés de l’ergot de seigle
  • la colchicine
  • la théophylline…


24 - Quels sont les constats à en tirer par l'utilisation du lait maternel chez le bébé et chez la maman ?

    Plusieurs constats peuvent être tirés :

1e constat :
    On peut se demander toutefois, en quoi le lait maternel se distingue des autres laits et dans quelles mesures (au cas où la mère se trouverait incapable d'allaiter son enfant).
    La première caractéristique du lait maternel, comme nous l'avons déjà écrit, est de présenter une composition variable.
    Sa composition change selon :
  • l’âge du bébé
  • le moment de la tétée
  • le moment de la journée
  • le moment des saisons etc.…
    On sait aussi que le lait maternel est très stable, même lorsque la mère ne se nourrit pas bien ou si elle est même malade.
    En plus le lait maternel est toujours disponible, jamais périmé, et tout à fait gratuit.
    D'autre part, la composition du lait est différente d'une espèce à l'autre et le lait humain ne saurait échapper à la règle, par exemple :

    - Le lait de vache, par rapport au lait de femme est beaucoup plus riche en calcium, sodium, potassium, phosphore et chlore.
    Cette teneur élevée en minéraux peut provoquer une surcharge sanguine et rénale.
    En plus, le lait de vache ne possède pas les « facteurs d'immunité », spécifiques aux protéines du lait féminin, ce qui accroît en plus, les difficultés d'obtention d'un lait « humanisé ».

   - Le lait de brebis par exemple, est particulièrement riche en caséine.

            - Le lait artificiel, contient plus de protéines, de phosphates, d'où un pouvoir tampon plus fort et un taux de caséine plus élevé, ce qui favorise la formation de caillots et limite le contact avec la muqueuse intestinale, déconseiller en cas de selles liquides.

2e constat :
    Les modalités de l'alimentation (sein ou biberon), peuvent avoir une influence sur la courbe de croissance.
    Dans l'ensemble, les enfants nourris au sein (jusqu'au 6e mois), ont une croissance un peu plus régulière que ceux qui sont nourris au biberon.
    L'alimentation au sein réside aussi dans le fait, qu'il est plus adapté au développement de la flore intestinale du nourrisson (comme on l'a déjà vu) et à sa physiologie nutritionnelle.

3e constat :
    Les enfants nourris au sein apprennent facilement à réguler précisément leurs entrées alimentaires sur les plans qualitatifs et quantitatifs, à condition que le lait maternel soit suffisant et de bonne qualité.

4e constat :
    Au niveau de l'organisation des repas en cours de journée, une variation d'ensemble des rythmes de repas consommés au cours de la journée est remarquée.
    Pendant les jours qui suivent la naissance, les tétées sont fréquentes, relativement courtes et répandues d'une façon très variable.
    Les repas s'organisent dès la fin de la première semaine et leur fréquence diminue au cours des semaines suivantes.
    C'est ainsi qu'à 4 ou 5 mois, le nourrisson peut adopter un rythme de 3 biberons, alors que l'enfant nourri au sein en restera à 5 repas journalier.

5e constat concernant la mère :
    L’allaitement maternel est une suite logique et naturelle de la grossesse et de l’accouchement.
    On dit qu’après la naissance, il y a une période de « gestation externe » qui dure entre 9 et 12 mois.
    L’allaitement crée un attachement supérieur entre la mère et l’enfant, et comble les besoins de sécurité, de constance, de permanence, d’affection, et de contact physique de l’enfant.
    La mère qui nourrit au sein à moins de possibilités d'influencer la consommation du bébé en le forçant.
    Il est aussi, possible que la mère soit plus réceptive et donc plus apte à répondre aux signaux de fins de tétées émis par le bébé, lorsqu'il commence à ressentir l'état de satiété.
    La mère qui allaite au sein, consacre beaucoup plus de temps au bébé à chaque tétée.
    Elle apprend aussi à connaître les nuances des réactions de son bébé et ses propres réponses à ses réactions.

6e constat concernant la relation mère-enfant :  
    L'allaitement au sein, privilégie des relations mères–enfant, pouvant jouer aussi un rôle de communication dans les interactions entre la mère et le nourrisson.
    Dès le 6e jour, l'enfant nourri au sein est en mesure de reconnaître l'odeur du sein maternel et de s'orienter vers une source imprégnée de cette odeur.
    Le nouveau né, perçoit l'hétérogénéité olfactive du corps maternel.
    Il est en conséquence possible, qu'il fasse une association entre l'une et l'autre des odeurs corporelles de sa mère et des caractéristiques de celle-ci à son égard.
    Au cours de la tétée, le nourrisson est confronté à l'odeur du sein et du lait, mais aussi à la présence de l'odeur du cou, lorsque sa mère le prend dans ses bras pour le consoler.
    D'autres signaux jouent aussi d'autres rôles, aussi importants, tels que les signaux de faim ou de satiété.
    Les signaux de la faim, jouent un rôle non négligeable, lorsque l'apport énergétique n'est plus synchronisé avec les rythmes des besoins et surtout chez le nourrisson nourri au sein et ce pendant la première semaine.
    Le nourrisson signifie sa demande en criant, en suçant son pouce (ou certains objets) ou exprimant d'autres comportements.
    Les autres signes importants sont ceux que l'enfant manifeste pour indiquer qu'il est rassasié : fermeture de la bouche, détourne la tête...
    Ces signaux sont difficiles à repérer et à interpréter chez le nourrisson, pourtant ils sont observables à partir du 2e mois et leur apparition semble être liées aux interactions de la mère et du nourrisson durant la tétée :
  • la réceptivité de la mère favorise alors l'expression adéquate des signaux de l'enfant.
    Tous ces signaux font partie intégrante du langage que le nourrisson entretient avec sa mère.

25 - Pour quelle conclusion ou recommandation ?

    Le lait maternel devrait être la source unique (ou principale) d'aliments et d'eau au cours de la première enfance (de la naissance à 6 mois).
    Il constitue également un appoint alimentaire important pendant la période de sevrage (6 mois à 2 ans), et ce afin qu'il contribue à prévenir les attaques diarrhéiques.
    Pendant les périodes de diarrhées, il faut continuer l'allaitement au sein qui est hygiénique et surtout il évite d'avoir à donner de l'eau au bébé, car l'eau est apportée avec le lait.
    Le lait maternel est propre et contient des substances qui protègent l'enfant contre la contamination.

    Pour cela, il faut que les mères soient suffisamment nourries durant leur grossesse :

        1 - afin de se prémunir de la sous alimentation, qui peut aller en croissant avec des grossesses successives.
        2 - Permettre au nouveau-né d'accumuler de bonnes réserves de nutriments, ce qui se traduit par un bon poids à la naissance et par la constitution de bonnes réserves de fer et de vitamine A, dans le foie.
        3 - Afin de s'assurer à elles-mêmes, un apport suffisant d'éléments nutritifs pour l'allaitement.

Comme disait S. FREUD :

« Celui qui a été BIEN  aimé par sa mère, celui là tout lui est permis,
tout lui est ouvert"

Il y a dans cette phrase le mot : BIEN




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  1. # diarrhées à répétition (voir :

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Salim Djelouat
Salim Djelouat
Professor e.p.m, in Medical Analyses and medical bacteriology / Scientific Author
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